Après Ebola : le défi de la relance économique

29 Mai 2015

Même s’il est encore trop tôt pour crier victoire, le combat contre Ebola semble sur la bonne voie. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a officiellement déclaré le Libéria débarrassé du virus, et le nombre limité de nouvelles infections en Guinée et en Sierra Leone depuis bientôt deux mois est également de bon augure. Ces nouvelles sont encourageantes et il faut s’en réjouir, mais à l’heure où ces pays commencent à penser à la relance économique, la situation paraît néanmoins bien sombre.

En premier lieu, les coûts de l’épidémie en termes de pertes humaines sont absolument tragiques, avec désormais plus de 11'000 morts. Mais c’est également le tissu socio-économique tout entier de ces pays déjà fragiles qui a été sévèrement touché. Bien qu’il soit impossible d’évaluer l’impact total d’Ebola sur les économies du Libéria, de la Sierra Leone et de la Guinée, les estimations de la Banque mondiale suggèrent que leurs pertes de PIB cumulées pourraient atteindre 2.2 milliards de dollars. En particulier, les réseaux commerciaux ont été frappés de plein fouet, et même si les frontières sont désormais rouvertes, c’est surtout la confiance entre les populations qu’il faudra rebâtir.

Dans ce numéro de Passerelles, deux articles examinent les défis économiques considérables auxquels les pays touchés par Ebola doivent faire face. Dianna Games et Brendan Vickers se penchent sur les implications de l’épidémie, en termes de commerce et d’intégration régionale, pour les trois pays les plus touchés. Dans une autre contribution, Rahul Bhatnagar se concentre quant à lui sur le cas du Libéria. Après une évaluation de l’impact d’Ebola sur l’économie libérienne, l’auteur esquisse des pistes potentielles pour revitaliser le secteur privé et relancer la croissance. Comme ces analyses le montrent, le redressement post-Ebola sera long et fastidieux. Même si la priorité consiste à s’assurer que l’épidémie est endiguée, il est également nécessaire de commencer à planifier la reconstruction économique et sociale. Dans cette optique, le commerce pourrait s’avérer un moteur puissant pour regagner en dynamisme économique.

Ce numéro inclut également un article d’Abdoulaye Zonon, qui s’intéresse à l’impact des normes sanitaires et phytosanitaires (SPS) sur l’accès au marché européen pour les pays d’Afrique de l’Ouest. Une thématique d’une grande pertinence après la signature en 2014 de l’Accord de partenariat économique (APE) avec l’UE.

Enfin, à l’heure où les membres de l’OMC commencent à esquisser les contours d’un programme de travail post-Bali, deux contributions se penchent sur la mise à jour des règles multilatérales régissant le commerce de l’agriculture. Alors que Christophe Bellman et Jonathan Hepburn brossent un tour d’horizon général, Panos Konandreas s’intéresse en particulier au sort des pays pauvres importateurs de denrées alimentaires.

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