Editorial

18 Juillet 2014

L’Union africaine a fait de 2014 l’année de l’agriculture et de la sécurité alimentaire. L’organisation des Nations-Unies en a fait l’année de l’agriculture familiale. 2014 marque aussi le dixième anniversaire du lancement du programme détaillé de développement de l’agriculture africaine (PDDAA)  adopté à Maputo en 2003 par l’Assemblée de l’Union africaine. Le PDDAA vise à relever la productivité agricole de 6  pourcent  par an et recommande aux états de porter leurs efforts budgétaires consacrés à l’agriculture à au moins 10 pourcent de leur budget.

Alors qu’ils  disposent d’énormes potentialités agricoles largement suffisantes pour nourrir leurs  populations, de nombreux pays africains sont encore profondément touchés par la faim et la malnutrition. En effet, le bilan alimentaire de l’Afrique notamment subsaharienne est inquiétant : les indicateurs de malnutrition sont élevés au moment où  l’Afrique perd des parts de marchés sur les produits tropicaux et voit ses importations de denrées alimentaires s’envoler. Une situation paradoxale qui laisse dire que le continent n’a pas suffisamment exploité les ressources agricoles dont elle dispose pour faire face aux besoins alimentaires de ses populations.

Ce numéro de Passerelles contribue à alimenter le débat sur la sécurité alimentaire et tend à articuler les discours politiques des leaders africains aux impératifs techniques qui se manifestent dans l’agriculture. Si l’agriculture reste la meilleure option pour lever le défi de l’alimentation, le rôle du commerce pour assurer la sécurité alimentaire est également prépondérant. Le numéro revient notamment sur la nécessité de s’appuyer sur  ces deux piliers pour relever les défis alimentaires auxquels les populations africaines font face. L’un des articles de cette édition souligne par exemple le rôle des exploitations agricoles familiales et de l’investissement agricole souverain  dans la réalisation la sécurité alimentaire.  D’autres articles sont consacrés aux effets des restrictions à l’exportation ou encore ceux de la nouvelle Farm bill américaine sur la sécurité alimentaire en Afrique et propose des options politiques pour aller de l’avant.

Aussi l’évaluation des dépenses consacrées au secteur agricole montre que peu de pays africains ont consacré 10 pourcent de leur budget national à l’agriculture.  Un résultat qui laisse dire que le mot d’ordre de Maputo n’a pas été respecté par la plupart des Etats qui tardent à traduire leur engagement en actes concrets. Le Dernier Mot de Passerelles revient ainsi sur la déclaration récente des Chefs d’Etat africain à Malabo, Guinée Equatoriale et encouragent à une action rapide sur la problématique.

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