FAO : face au changement climatique, la lutte contre la malnutrition requiert des mesures urgentes

25 Octobre 2016

Des mesures urgentes sont nécessaires pour garantir que les menaces liées au climat ne compromettent pas les objectifs de sécurité alimentaire figurant dans le nouveau Programme de développement durable à l’horizon 2030, déclare l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) dans un rapport publié la semaine dernière.

« Il ne fait aucun doute que les changements climatiques ont un impact sur la sécurité alimentaire », a déclaré le directeur général de la FAO, José Graziano da Silva, lors d’une conférence de presse à Rome.

La diminution des rendements agricoles, la plus grande fréquence et l’intensification des sécheresses et inondations et les problèmes liés aux parasites et maladies figurent parmi les risques mentionnés dans le rapport annuel phare de l’organisation, intitulé La situation mondiale de l’alimentation et de l’agriculture 2016.

Le rapport souligne que le statu quo n’est pas envisageable si les gouvernements ont réellement la volonté d’éliminer la faim et la malnutrition d’ici 2030, des objectifs inscrits dans les Objectifs de développement durable adoptés l’an dernier (voir Passerelles28 septembre 2015).

« Il est primordial que les engagements nationaux – à savoir les contributions qui ont été annoncées par les pays et qui forment la base de l’Accord de Paris de 2015 sur le changement climatique – se traduisent par des mesures concrètes », écrit José Graziano da Silva dans l’avant-propos de l’étude, faisant référence à l’accord mondial des Nations unies adopté en décembre dernier dans la capitale française. L’Accord de Paris doit entrer en vigueur le mois prochain (voir Passerelles10 octobre 2016).
 

Adaptation et atténuation

Le directeur de la FAO indique que les efforts d’« atténuation » visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre doivent être accompagnés d’une « adaptation » aux changements de l’environnement naturel. « La manière dont nous nous attaquons à la première influence la seconde », a-t-il déclaré.

Le rapport indique qu’il faudra pour cela « une transformation profonde » des systèmes agricoles et alimentaires du monde entier. En particulier, les gouvernements devront faire des efforts supplémentaires pour aider les agriculteurs pauvres à accroître leur productivité de façon durable sur le plan environnemental.

« Bon nombre des technologies nécessaires existent déjà », a déclaré Kostas Stamoulis, directeur général adjoint de la FAO, lors de la conférence de presse de lundi. José da Silva a ainsi souligné le potentiel de méthodes telles que les pratiques améliorées de gestion des sols, qui permettent d’augmenter les rendements tout en contribuant à réduire les émissions de gaz à effet de serre.
 

« Supprimer les subventions qui nuisent à l’environnement »

Le rapport exhorte également les gouvernements à mieux intégrer leurs politiques en matière de climat, d’agriculture, d’alimentation et de nutrition.

« Il s’agit là d’une tâche complexe, et il n’est pas toujours possible de trouver des solutions bénéfiques à toutes les parties », notent les auteurs.

L’étude affirme qu’en 2015, « les pays développés et les grands pays en développement ont consacré plus du 560 milliards US$ au soutien à la production agricole, notamment sous la forme de subventions aux intrants et de paiements directs aux agriculteurs ». Les auteurs ajoutent que « certaines mesures, comme les subventions aux intrants, peuvent entraîner une utilisation inefficace des produits agrochimiques et une augmentation de l’intensité des émissions dues à la production [agricole] ».

L’élimination de ces subventions préjudiciables est une « question politique primordiale » qui devra être réglée, a ajouté Kostas Stamoulis lundi.

Toujours d’après le rapport, les gouvernements ont la possibilité de mieux aligner les objectifs de développement agricole et de lutte contre les changements climatiques en conditionnant le soutien agricole à l’adoption de pratiques qui réduisent les émissions.
 

Reportage ICTSD. Article initialement paru dans Bridges Weekly, le 20 octobre 2016.

18 Juillet 2014
Alors que les chefs d'État africains avaient en 2003 pris l’engagement de consacrer 10 pourcent de leur budget national à l’agriculture conscients de son l’importance dans le développement économique...
Share: 
18 Juillet 2014
En dépit d’énormes potentialités agricoles largement suffisantes pour nourrir leurs populations, de nombreux pays africains sont encore profondément touchés par la faim et la malnutrition. Si de...
Share: