L’OCDE et la FAO estiment que la période de prix alimentaires élevés est « probablement terminée »

22 Juillet 2016

Les prix des produits agricoles de base devraient rester relativement stables au cours de la prochaine décennie, d’après un nouveau rapport publié la semaine dernière par l’Organisation pour la coopération et le développement économique (OCDE) et l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).

Lancé le 4 juillet, ce rapport intitulé « Agricultural Outlook 2016-2025 » [Perspectives agricoles 2016-2025] fait une projection de la situation de l’agriculture mondiale pour les dix ans à a venir, cette dernière édition incluant une étude approfondie concernant l’Afrique subsaharienne.

Le rapport couvre également certaines évolutions politiques majeures observées l’an dernier en matière de commerce et de développement durable, telles que l’accord sur « le paquet de Nairobi » de l’OMC, ainsi que l’adoption par les Nations unies de l’accord universel de Paris sur le climat et du Programme de développement durable à l’horizon 2030.

Il observe que la récente période de cherté des produits agricoles de base semble terminée, mais précise que les prix agricoles resteront volatiles en raison du changement des cycles climatiques pour les cultures et de la longueur des cycles de production pour les animaux d’élevage.

Angel Gurría, secrétaire général de l’OCDE, notait à l’occasion du lancement du rapport à Rome que malgré la baisse des prix agricoles, les marchés sont fluides et les risques de volatilité des prix restent élevés.

« Même si nous traversons aujourd’hui une période de prix agricoles plus bas, nous devons rester vigilants car les marchés peuvent évoluer rapidement », a-t-il déclaré, appelant à des politiques garantissant une croissance plus forte et durable de la productivité.
 

Changements climatiques, productivité agricole

Le rapport prévoit que la productivité agricole devrait augmenter dans les prochaines années, en raison principalement de l’intensification et d’une plus grande efficacité. L’amélioration des rendements devrait représenter 80 pourcent de l’augmentation des récoltes sur la décennie à venir.

Le rapport prévient toutefois que ce besoin d’efficience découle principalement des différents facteurs de risque affectant la disponibilité de ressources indispensables, telles que les terres ou l’eau, qui se dégrade en raison des changements climatiques.

La publication de l’OCDE et de la FAO évoque l’Accord de Paris sur le climat signé l’an dernier, en soulignant le rôle que l’agriculture peut jouer dans la lutte contre ce problème mondial, tout en notant également l’importance de l’accord et des contributions déterminées au niveau national (CDN) par les États membres des Nations unies pour faire face aux besoins de production de denrées alimentaires.

À Rome, José Graziano da Silva, directeur général de la FAO, a appelé à donner la priorité à la croissance durable de la production et aux gains de productivité, notant qu’une « croissance significative de la production est nécessaire pour répondre au besoin toujours croissant de denrées alimentaires, d’aliments pour animaux et de produits de base à usage industriel, et qu’ils doivent être produits de façon durable ».
 

Commerce et ODD

Le rapport indique que le commerce international de produits agricoles devrait augmenter de 1,8 pourcent par an en volume, une réduction de moitié du taux de croissance par rapport à la décennie écoulée en raison du ralentissement des taux de croissance dans les pays en développement et des politiques protectionnistes. Il évoque également l’importance du commerce pour la sécurité alimentaire, notamment dans les pays ayant des ressources limitées et les régions fortement tributaires des importations de denrées de base, telles que le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, dont les pays importent plus de la moitié de leurs produits alimentaires de base, y compris le blé.

Les exportations agricoles devraient rester concentrées sur une poignée de fournisseurs et d’ici à 2025, 70 pourcent au moins du total des exportations de produits agricoles de base proviendront de cinq pays seulement, avec un risque d’impact significatif sur les marchés en cas de choc de production ou de changements politiques dans ces pays.

Les analyses du rapport tiennent compte des récents accords commerciaux, dont notamment l’accord sur la concurrence à l’exportation et les autres résultats relatifs à l’agriculture de la Dixième conférence ministérielle de l’OMC de l’an dernier à Nairobi.

Le rapport souligne également toute l’importance des Objectifs de développement durable adoptés en septembre dernier par les Nations unies en parallèle du Programme de développement durable à l’horizon 2030, qui viennent remplacer les Objectifs du millénaire pour le développement désormais échus. Il examine les liens des 17 nouveaux objectifs avec l’agriculture, en soulignant que le plus important d’entre eux est celui qui vise à éradiquer la faim et la malnutrition.

29 Avril 2016
Le contexte économique global est marqué par des mutations rapides et profondes qui vont sans doute transformer les relations commerciales internationales telles qu'on les a connues jusqu'ici. Ces...
Share: 
3 Mai 2016
Les membres de l’OMC devraient se préparer à mettre en œuvre la décision sur les règles d’origine préférentielles pour les pays les moins avancés (PMA), a déclaré l’ambassadeur danois Christian...
Share: