L’OMC et le développement dans l’ère de l’après-Nairobi

30 Mars 2016

La 10ème Conférence ministérielle de l’OMC, qui s’est déroulée en décembre dernier à Nairobi, s’est achevée dans des circonstances qui soulèvent un grand nombre de questions quant à l’avenir du système commercial multilatéral, en particulier pour les membres les plus pauvres de l’organisation. Quelles sont les implications de la conférence pour les pays en développement et les pays les moins avancés (PMA) ? Comment promouvoir au mieux le développement dans le contexte de l’après-Nairobi ? Ce numéro tente de dégager des pistes de réflexions et d’apporter quelques éléments de réponse.

La conférence de Nairobi a abouti à certains résultats pertinents, bien que limités, du point de vue du développement. La décision prévoyant l’élimination des subventions à l’exportation dans le domaine de l’agriculture, ainsi que celles relatives à certaines questions spécifiques aux PMA – coton, règles d’origine, dérogation service – doivent ici être soulignées. Néanmoins, les ministres se sont également illustrés par leurs désaccords, en particulier concernant la réaffirmation du mandat de négociation de Doha et l’inclusion de « nouvelles questions » dans le cadre des discussions commerciales multilatérales. 

Dans ce contexte, l’avenir de l’OMC est plus que jamais empreint d’incertitude. Et alors que les grands acteurs disposent d’autres voies pour promouvoir leurs intérêts commerciaux, comme en atteste la multiplication des accords plurilatéraux et méga-régionaux, les pays les plus défavorisés restent très largement tributaires du système commercial multilatéral. Il est donc crucial, pour ces derniers, que l’ère de l’après-Nairobi soit synonyme d’avancées significatives, car il paraît clair que le Cycle de Doha n’a jusqu’ici pas produit les résultats escomptés en matière de développement.

Dans la première contribution de ce numéro, Christophe Bellmann, chercheur associé au sein de l’ICTSD, analyse les implications de Nairobi et tente de dégager quelques pistes pour promouvoir les intérêts des PMA dans l’avenir. Un autre expert de l’ICTSD, Jonathan Hepburn, se penche quant à lui sur le domaine de l’agriculture en passant en revue les décisions prises lors de la conférence. Ce numéro inclut également une contribution de Melissa Begag, qui se pose la question fondamentale de savoir comment maintenir le développement au centre des travaux de l’OMC dans l’ère de l’après-Nairobi.

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