L’UICN et la CITES renforcent leur coopération pour contrer le trafic illégal d’espèces sauvages

2 Septembre 2015

Le Secrétariat de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES), un traité intergouvernemental regroupant 181 parties, et l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) viennent de renforcer leur coopération de longue date. Par la signature d’un nouvel accord, les deux organisations entendent unir encore davantage leurs forces dans la lutte contre le braconnage et le commerce illégal d’éléphants et d’autres espèces menacées en Afrique subsaharienne, dans les Caraïbes et dans la région pacifique.

L’accord, signé le 28 août, s’inscrit dans le contexte d’un projet intitulé MIKES – Minimizing the Illegal Killing of Elephants and other Endangered Species, ou Minimiser la chasse illégale aux éléphants et autres espèces menacées, en français – et financé par l’Union européenne à hauteur de 12 millions d’euros. Le projet MIKES se base sur le projet MIKE, en étendant son application au-delà des populations d’éléphants, pour inclure notamment les grands singes, les rhinocéros, ou encore d’autres espèces comme les tortues marines.

Un trafic qui ne connaît pas la crise

Durant les dernières années, on a assisté à une explosion du commerce illégal d’espèces sauvages. Parmi les espèces les plus affectées, on compte notamment les éléphants, les rhinocénos, les pangolins et certaines essences forestières. Le commerce illégal de ces espèces est de nature véritablement globale, et il se déroule à une échelle industrielle. On estime que plus de 100'000 éléphants ont été tués pour leur ivoire entre 2011 et 2013 à travers le continent africain. En 2014, 1'215 rhinocéros ont été tués pour leurs cornes rien qu’en Afrique du Sud – un nombre qui a grimpé de manière alarmante depuis l’année 2007, durant laquelle seuls 13 rhinocéros avait été tués.

Dans leur combat contre le trafic illégal d’espèces sauvages, les gouvernements sont de plus en plus confrontés à des réseaux criminels transnationaux bien organisés, et dans certains cas à des milices rebelles ou à des factions rebelles de l’armée. Les mêmes réseaux criminels peuvent également être utilisés pour le trafic de drogue, d’armes ou d’êtres humains.

La lutte contre ces acteurs requière donc une collaboration renforcée, et les deux organisations soulignent que des efforts collectifs sont en cours pour endiguer les crimes environnementaux liés au commerce illégal d’animaux sauvages. Malheureusement, le problème ne semble pas prêt d’être réglé et l’on estime qu’il pourrait coûter près de 20 milliards de dollars EU par année. Ces estimations le place parmi les crimes transnationaux les plus sérieux, aux côtés du trafic d’armes et du trafic d’êtres humains.

Unir les forces

À l’occasion de la signature de cet accord entre l’UICN et la CITES, John Scanlon, le Secrétaire général de la CITES, a déclaré : « Cette coopération renforcée entre l’UICN et le Secrétariat de la CITES exploite les avantages comparatif des deux organisations dans la poursuite de nos efforts collectifs pour minimiser le braconnage croissant et le commerce illégal des éléphants, ainsi que protéger d’autres espèces listées par la CITES, telles que les rhinocéros, les grands singes et les tortures marines ». Cette collaboration accrue permettra, selon Scanlon, de bénéficier de la présence de l’UICN sur le terrain en Afrique, dans les Caraïbes et dans la région pacifique.

Dans la foulée, la Directrice générale de l’UICN, Inger Andersen, s’est faite l’écho des propos de Scanlon, estimant que cet accord renforcerait la coopération entre les deux organisations et leur permettrait de mettre leurs forces respectives en commun. « Le braconnage et le commerce illégal d’espèces sauvages ont atteint des niveaux sans précédent durant les dernières années, amenant certaines espèces emblématiques au bord de l’extinction et sapant des années d’efforts pour la conservation. C’est un défi global auquel nous ne pouvons nous attaquer qu’à travers une action internationale et collective », a-t-elle déclaré.

Une contribution du TPP et de l'AGOA?

Plus tôt dans la semaine, lors du 14ème Forum sur l'AGOA qui s'est déroulé au Gabon, on avait appris que le Partenariat transpacifique (TPP) devrait inclure certaines dispositions visant à lutter contre le commerce illégal d'espèces sauvages. Selon Michael Froman, le représentant des États-Unis au commerce extérieur, l'accord devrait inclure des mesures visant à réduire la demande asiatique de produits issus de ce trafic. « Le Partenariat transpacifique aidera à combattre le trafic illégal d'espèces sauvages, y compris le commerce illégal d'ivoire provenant d'Afrique », a-t-il déclaré lors la séance d'ouverture du Forum tenu à Libreville.

De son côté, l'AGOA devrait également apporter sa pierre à l'édifice, selon Michael Froman. Renouvelé en juin dernier, l'AGOA est considéré comme le pilier central des relations économiques entre les États-Unis et l’Afrique sub-saharienne. Il permet l’accès en franchise de droits et sans contingents au marché états-unien à plus de 6000 produits. Dans le cadre du renouvellement de l'AGOA, Washington déploiera également des efforts visant à améliorer les opérations douanières et réduire la corruption, ce qui devrait également aider à limiter l'offre d'animaux braconnés sur les marchés internationaux. 

Rapport ICTSD.
Source : « CITES and IUCN bolster collaboration in tackling poaching and illegal wildlife trade », IUCN, 28 août 2015; « U.S. says regional trade pacts to curb poaching in Africa », REUTERS, 27.08.2015

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