Le président de la BAD appelle à un renforcement de la coopération économique entre l’Inde et l’Afrique

11 Avril 2017

Le président du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD), Akinwumi Adesina, a terminé la semaine passée une mission de quatre jours en Inde en vue de préparer les assemblées annuelles 2017 de la banque, qui se dérouleront du 22 au 26 mai à Ahmedabad, dans l’État de Gujara à l’ouest du pays.

Au cours de sa visite, en plus de vérifier l’avancement des préparatifs pour cette importante réunion annuelle de la BAD, M. Adesina et sa délégation ont rencontré des hauts fonctionnaires indiens ainsi que des représentants du secteur privé pour discuter d’approches potentielles afin de renforcer la coopération économique de l’Inde avec la banque et l’ensemble de l’Afrique.

« Les expériences de l’Inde sont très pertinentes pour le développement de l’Afrique » a déclaré M. Adesina, à l’occasion d’une réunion avec Arun Jaitley, ministre indien des finances, et son équipe à Delhi.

Le président de la BAD a également participé à une journée de discussion avec des dirigeants d’entreprises indiennes dans le but d’évoquer les stratégies possibles pour développer les relations entre les entreprises du géant sud-asiatique et celles du continent africain.

« Je suis très optimiste à l’égard des relations entre l’Afrique et l’Inde », a-t-il indiqué aux chefs d’entreprise réunis à New Delhi, citant l’électricité, les produits pharmaceutiques, l’eau, l’agriculture et les chemins de fer comme secteurs susceptibles d’offrir des possibilités de coopération économique renforcée entre les deux parties.

M. Adesina a insisté sur l’importance de s’appuyer sur une coopération à plusieurs niveaux, y compris gouvernementale, institutionnelle et entre entreprises, qui est susceptible de bénéficier largement aux acteurs économiques indiens qui souhaitent commercer avec l’Afrique. Il a également cité la coopération entre la BAD et l’Export Import Bank of India comme un exemple prometteur à suivre.

Au cours de ces dix dernières années, les flux du commerce et de l’investissement entre l’Inde et les économies africaines se sont considérablement développés, l’Inde se classant désormais au cinquième rang des pays investisseurs en Afrique. Selon la BAD, les exportations indiennes vers l’Afrique ont augmenté de 7 milliards US$ en 2005-2006 à près de 25 milliards US$ aujourd’hui, tandis que ses importations en provenance d’Afrique ont bondit de 5 à 31 milliards US$ sur la même période.

Dans le souci d’intensifier l’engagement de l’Inde à l’égard du développement africain, le premier ministre indien Narendra Modi a annoncé lors du troisième Sommet du Forum Inde-Afrique, en décembre 2015, un prêt à conditions privilégiées de 10 milliards US$ sur cinq ans pour soutenir différents projets de développement au sein du continent.
 

Dialogue sur les infrastructures avec la Nouvelle banque de développement

Participant à la seconde assemblée générale annuelle de la Nouvelle banque de développement (NBD) à New Delhi, le président de la BAD a félicité l’équipe de la NBD pour le lancement de la banque et l’approbation en avril 2016 d’une première série de projets, tout en encourageant la banque a en « faire plus » pour l’Afrique.

Fondée en 2014 par les pays du groupe BRICS et rendue opérationnelle l’année suivante, la NBD est une banque multilatérale de développement qui finance des projets d’infrastructure et de développement dans les BRICS et d’autres pays émergents ou en développement (voir Bridges Weekly, 17 juillet 2014).

Dans son allocution lors de la rencontre, M. Adesina a souligné que le renforcement du « partenariat stratégique » entre l’Inde et l’Afrique était particulièrement important en matière d’infrastructures, un domaine dans lequel le déficit de financement du continent est estimé à près de 50 milliards US$ par an. Il a également souligné les différents efforts de la banque pour répondre à ce problème urgent, dont notamment le lancement prochain d’un forum sur l’investissement en Afrique et la création d’Africa50, une nouvelle entité qui a pour mission de faciliter le financement des projets d’infrastructures.

« En tête de liste se trouve l’électricité. Près de 645 millions d’africains n’ont pas accès à l’électricité. Nous avons la volonté de changer cela rapidement », a commenté M. Adesina, ajoutant que le « New deal pour l’Afrique » de la BAD a pour objectif de « connecter 130 millions de personne au réseau électrique, 75 millions de personne à des systèmes hors réseau et d’offrir un accès à des moyens de cuisson propres à 150 millions de personnes ».

« Je suis heureux que la Nouvelle banque de développement investisse dans le secteur de l’énergie et vous invite à nous rejoindre dans cet énorme effort en vue d’éclairer et d’alimenter l’Afrique en électricité », a-t-il ajouté.
 

Reportage ICTSD.

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