L'investissement en Afrique : comment maximiser l'impact ?

29 Juin 2016

À l’heure d’aborder les besoins de financement en Afrique, en particulier dans les pays les plus pauvres du continent, les débats se focalisent bien souvent sur l’importance de l’aide publique au développement. Pour réussir sa transformation économique, néanmoins, l’Afrique a également besoin d’attirer des capitaux privés. Le rôle essentiel de l’investissement privé a été clairement reconnu dans le Programme d’action d’Addis Abeba adopté en juillet 2015 lors de la troisième Conférence internationale sur le financement du développement, et il a été récemment réaffirmé lors de l’examen de mi-parcours du Programme d’action d’Istanbul pour les pays les moins avancés (PMA).

Mais mobiliser des flux d’investissement n’est pas chose facile. Cela nécessite d’élaborer et de mettre œuvre des politiques et régulations appropriées. De plus, si attirer l’investissement est en effet important, il est encore davantage crucial de s’assurer que ce dernier contribue à un développement durable et inclusif des économies africaines.

Aujourd’hui, en Afrique, les investissements directs à l’étranger (IDE) ont tendance à se concentrer dans une poignée de secteurs liés à l’extraction de ressources naturelles, et bien souvent, à fuir les pays qui en auraient le plus besoin. Les flux d’IDE vers l’Afrique se sont d’ailleurs contractés en 2015 à cause de la fin du « super-cycle » des matières premières, soulignant encore un peu plus le besoin pour le continent d’attirer des investissements plus diversifiés.

Dans ce contexte, quelle stratégie les pays africains devraient-ils adopter pour attirer des investissements qui contribuent au développement durable et à la transformation de leur économie ? Certains secteurs recèlent-ils des opportunités particulièrement prometteuses, ou au contraire des risques dont les gouvernements devraient être conscients ? Ce numéro tente d’apporter un éclairage sur ces questions.

L’année passée, les pays africains ont finalisé la rédaction du projet de Code panafricain d’investissement, qui a été pensé comme le pilier d’une approche commune et innovante en matière de réglementation de l’investissement sur le continent. Dans le premier article, Makane Mbengue présente une réflexion quant à la potentielle valeur ajoutée d’un tel instrument.

Deux autres articles abordent la question de l’investissement en se penchant sur un secteur en particulier. À travers son analyse, Manitra Rakotoarisoa apporte une contribution nouvelle au débat sur les effets économiques des investissements agricoles étrangers en Afrique subsaharienne. Nkululeko Khumalo offre, quant à lui, des pistes de réflexion en vue d’exploiter les IDE dans le secteur africain des services afin de promouvoir une croissance inclusive.

Ce numéro contient également une contribution émanant du groupe de travail de l’Initiative E15 sur la politique d’investissement. Son auteur, Karl Sauvant, y examine le régime juridique et politique international en matière d’investissement d’un point de vue systémique, et présente des options potentielles de réforme.

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