Plus d’un milliard de dollars de fonds supplémentaires pour la relance post-Ebola

27 Avril 2015

Le Groupe de la Banque mondiale a annoncé le 17 avril 2015, à l’occasion du sommet sur Ebola organisé dans le cadre des traditionnelles réunions de printemps de la Banque mondiale et du FMI, l’octroi d’une aide de 650 millions de dollars supplémentaires aux pays les plus gravement touchés par Ebola. Ce nouvel engagement, communiqué par Jim Yong Kim, le Président de la Banque mondiale, portera à 1,62 milliards de dollars le montant total des aides financières allouées par la Banque mondiale dans la réponse à la crise Ebola. De son côté, la Banque africaine de développement s’est également engagée à mobiliser 300 millions de dollars supplémentaires, alors que des financements de 87 millions de la part de GAVI, et de 387 millions de la part du Fonds mondial ont aussi été annoncés.

Ces nouveaux fonds, qui s’élèvent au total à plus d’un milliard de dollars, sont destinés à soutenir la Sierra Leone, la Guinée et le Libéria dans leurs efforts de redressement face aux conséquences sociales et économiques alarmantes de l’épidémie d’Ebola. « Même si nous travaillons d’arrache-pied pour qu’il n’y ait plus une seule personne contaminée par le virus Ebola, la communauté internationale doit aider la Guinée, le Libéria et la Sierra Leone à se redresser et à offrir à leur population un avenir plus prospère et résilient », a déclaré Jim Yong Kim, dans son allocution d’ouverture du sommet sur Ebola.

En plus du Président de la Banque mondiale, le sommet réunissait le président guinéen Alpha Condé, la présidente libérienne Ellen Johnson Sirleaf, le président de la Sierra Leone Ernest Bai Koroma, le secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon, la directrice générale du Fonds monétaire international Christine Lagarde, des ministres et hauts fonctionnaires de plusieurs pays, ainsi que des responsables d’organisations.

Affaibli, Ebola n’est pas encore vaincu

Le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, a souligné que le premier pas vers le redressement doit nécessairement être l’éradication de la maladie, et que la dernière ligne droite sera sans doute la plus dure. « Nous devons maintenant porter toute notre attention sur l’éradication du virus Ebola, la relance et le renforcement des systèmes de santé. […] Il s’agit de conditions essentielles au redressement durable de ces pays », a-t-il déclaré.

À l’heure actuelle, s’il est vrai que l’épidémie est en net recul, elle ne s’éteint pas pour autant. Alors que le Libéria retient son souffle jusqu’au 1er mai, date à laquelle il pourrait être officiellement considéré comme débarrassé du virus, la contamination perdure en Guinée et en Sierra Leone. Les deux pays ont encore totalisé 33 nouveaux cas de contamination durant la semaine du 12 au 19 avril 2015 – 21 pour la Guinée et 12 pour la Sierra Leone. Le travail sur place de nombreuses organisations continue, afin d’atteindre l’objectif de zéro nouvelle contamination, et mettre en place des dispositifs permettant de prévenir toute nouvelle pandémie.

Des conséquences dévastatrices

Au-delà de la lutte contre la maladie elle-même, les nouveaux financements annoncés au sommet sur Ebola à Washington doivent permettre de soutenir le redressement social et économique des pays affectés. Champs laissés à l’abandon, entreprises en faillite, frontières bloquées, écoles fermées ; les coûts de l’épidémie sont avant tout humains, mais ce sont également les économies, et les sociétés tout entières, qui ont été très durement frappées. Alors que les dernières prévisions montrent que la crise Ebola paralyse encore les tissus économiques libérien, guinéen et sierra-léonais, le total des pertes de PIB dues à l’épidémie est estimé à plus de deux milliards de dollars pour les trois pays – 1.4 milliards pour la Sierra Leone, 535 millions pour la Guinée, et 240 millions pour le Libéria. Le tableau est encore davantage assombri par la chute des cours mondiaux de leurs principaux produits d’exportations.

Les trois chefs d’État sont revenus, au cours de la réunion, sur les épreuves traversées par leurs pays. La présidente libérienne, Ellen Johnson Sirleaf, a souligné les difficultés colossales auxquelles il faut désormais faire face : les systèmes de santé se sont effondrés, les entrepreneurs, consultants et investisseurs ont déserté, les exploitations agricoles et les marchés ont cessé de tourner, l’activité commerciale et les déplacements se sont contractés, les soldes budgétaires ont rétréci et les recettes ont diminué. Le président de la Guinée, Alpha Condé, a quant à lui affirmé : « Ebola, c’est comme-ci une guerre avait frappé nos pays ». « Nous tenons à vous remercier pour tout ce que vous avez fait, mais nous vous demandons d’en faire plus, de mobiliser davantage de ressources », a-t-il ajouté.

Plans de redressement

L’annonce des nouveaux fonds octroyés par la Banque mondiale, la Banque africaine de développement, et d’autres, vient donc répondre à l’appel des trois chefs d’État à un soutien financier pour la reconstruction post-Ebola. À l’occasion de cette rencontre, ces derniers ont présenté aux responsables internationaux du développement des plans de redressement pour leurs pays. Les financements alloués devraient apporter une contribution importante à leur mise en œuvre.

Dans un communiqué paru le jour de l’annonce, la Banque mondiale précise que « les cinq priorités de ce financement additionnel de l’IDA sont alignées sur les plans de redressement de ces pays ». Concrètement, le fonds devrait servir à un renforcement des systèmes de santé et des structures de soins, mais également fournir une aide substantielle dans les secteurs de l’agriculture, de l’éducation, des aides financières aux populations et d’autres programmes de protection sociale. L’enveloppe devrait également contribuer au développement de l’accès à certaines infrastructures de première nécessité, comme l’eau, l’électricité, ou encore l’assainissement des routes. Enfin, les ressources mobilisées doivent également servir à la mise sur pied d’un dispositif régional de surveillance épidémiologique couvrant toute l’Afrique de l’Ouest, dans le but de se prémunir contre toute nouvelle flambée épidémique.

Du côté de la Banque africaine de développement (BAD), on indique que le financement de 300 millions de dollars sera utilisé, d’une part, pour la création du Centre africain pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC), et d’autre part, pour la mise en place du Projet de rétablissement des moyens d’existence post-Ébola (PELREP). Ce dernier, développé par la BAD elle-même, entend améliorer l’accès aux services socio-économiques de base et accroître la capacité de production des pauvres. Il comprend un soutien au secteur agricole, un appui à la réouverture des centres de santé, la création d’un fonds d’investissement social, la mise sur place d’activités de renforcement des compétences, et l’amélioration des systèmes de surveillance sanitaire en Afrique de l’Ouest.

 

Rapport ICTSD; “Un nouveau financement du Groupe de la Banque mondiale pour aider la Guinée, le Libéria et la Sierra Leone à se remettre de la crise Ebola”, BANQUE MONDIALE, 17 avril 2015 ; “Ebola : la dernière ligne droite est « sans doute la plus difficile », selon Ban Ki-moon”, CENTRES D’ACTUALITÉS DE L’ONU, 17 avril 2015 ; “Relancer les économies après Ébola : une nouvelle aide de la BAD de 300 millions $ en faveur des programmes nationaux”, BANQUE AFRICAINE DE DÉVELOPPEMENT, 17 avril 2015.

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