Un rapport des Nations unies prévoit une légère reprise de la croissance en Afrique

25 Janvier 2017

Selon le rapport World Economic Situation and Prospects 2017 (« Situation et perspectives de l’économie mondiale pour 2017 », ou WESP 2017) des Nations unies, l’Afrique devrait connaître cette année une modeste reprise de la croissance économique. Ce document publié le 18 janvier est le résultat d’une collaboration entre plusieurs institutions des Nations unies : le Département des affaires économiques et sociales des Nations unies (DAES/NU), la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED) et les cinq commissions régionales des Nations unies.

D’après le rapport, le PIB africain devrait augmenter de 3,2 pourcent en 2017 et de 3,8 pourcent en 2018. Cette reprise « modeste » fait suite à l’importante décélération de la croissance observée l’an dernier sur le continent, avec un taux de croissance estimé de seulement 1,7 pourcent en 2016.

Le rapport WESP 2017 prévoit également une tendance similaire à l’échelon mondial pour 2017 et 2018, avec des taux de croissance attendus de respectivement 2,7 et 2,9 pourcent. En 2016, l’économie mondiale a enregistré une croissance de 2,2 pourcent seulement, soit le taux de croissance le plus bas depuis la crise économique et financière de 2008-2009.

Le document prévient toutefois que cette reprise timide ne doit pas être interprétée comme l’annonce d’un retour à une croissance mondiale robuste, qui, « en l’absence d’efforts politiques concertés pour stimuler l’investissement et la productivité, n’est pas attendu avant plusieurs années ».

« L’économie mondiale est enfermée dans un cycle auto-entretenu de faible investissement, de diminution des échanges mondiaux, de ralentissement des gains de productivité et d’endettement élevé », note le rapport, qui ajoute que cette situation pourrait compromettre les espoirs de réalisation des Objectifs de développement durable (ODD) des Nations unies.
 

Disparités intra-africaines

Au sein de l’Afrique, il existe d’importantes disparités entre les pays et les régions du continent, qui s’expliquent par différents facteurs.

Comme indiqué dans le rapport, l’augmentation attendue des prix des matières premières sur les marchés internationaux contribue à la modeste amélioration des perspectives de croissance des pays exportateurs de matières premières, tels que l’Algérie, l’Angola ou le Nigeria, bien qu’une reprise économique vigoureuse semble peu probable.

D’autres pays dotés de fondamentaux économiques plus solides, et dont la récente performance économique repose davantage sur la consommation privée, l’investissement dans les infrastructures et la réforme du climat des affaires, bénéficient de perspectives de croissance plus favorables.

C’est le cas de l’Afrique de l’Est, qui devrait selon le rapport afficher les meilleurs résultats des différentes régions d’Afrique en 2017 et 2018, ainsi que de certains pays d’Afrique de l’Ouest, tels que la Côte d’Ivoire, le Ghana et le Sénégal. Alors que la croissance du PIB est-africain devrait atteindre 6 pourcent sur les deux prochaines années, celle de l’Afrique de l’Ouest devrait atteindre 3,1 pourcent après avoir stagné en 2016.

L’Afrique australe ne devrait, quant à elle, connaître qu’une augmentation limitée de sa croissance anémique de 1 pourcent enregistrée l’an dernier. Le PIB de la région devrait augmenter de 1,8 pourcent en 2017 et de 2,6 pourcent en 2018, « grâce à l’augmentation des prix des matières premières et à la dissipation des effets de la sécheresse », précise le rapport. En Afrique du Nord et en Afrique centrale, la croissance devrait atteindre respectivement 3,5 et 3,4 pourcent en 2017, contre 2,6 et 2,4 pourcent en 2016.
 

Les prévisions pour les PMA sont nettement en-deçà du seuil visé par les ODD

En ce qui concerne les PMA (y compris les PMA non africains), les sept institutions des Nations unies soulignent que malgré l’amélioration attendue des taux de croissance en 2017 et 2018 par rapport à 2016, il est probable que le groupe n’atteindra pas le niveau de croissance visé par les Objectifs de développement durable.

Estimée à 4,6 pourcent pour 2016, la croissance du PIB total des PMA devrait, selon le rapport, atteindre 5,2 pourcent en 2017 et 5,5 pourcent en 2018. Bien que cette tendance puisse être jugée positive et encourageante, elle reste nettement inférieure à celle visée par l’ODD 8, cible 1, qui prévoit d’atteindre et de maintenir un taux de croissance « d’au moins 7 pourcent » dans les PMA.

Cette incapacité à atteindre le niveau de 7 pourcent visé par les ODD fait peser un risque important « à la fois sur les dépenses essentielles et les financements privés nécessaires à la réalisation des ODD », prévient le document. Le rapport indique en particulier qu’au vu de la trajectoire actuelle de la croissance, près de 35 pourcent de la population des PMA sont susceptibles de demeurer dans une pauvreté extrême d’ici 2030.

Dans ce contexte, le rapport appelle à une intensification des efforts visant à combler le fossé de l’investissement et mobiliser davantage de ressources, au niveau national comme international, afin de répondre aux besoins de financement considérables des PMA, tout en réaffirmant en même temps le rôle crucial du commerce dans le développement durable.
 

Reportage ICTSD 

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