« Nous sommes parmi les régions les plus avancées en matière d’intégration en Afrique»: Entretien avec Monsieur Ahmed HAMID, Commissaire en charge du commerce, des douanes et de la libre circulation à la Commission de la Communauté économique des Etats de

11 Mars 2013

Passerelles : Monsieur le Commissaire, le comité conjoint UEMOA-CEDEAO sur le Tarif extérieur commun a adopté le 14 décembre dernier  à Abidjan le TEC Cedeao. Comment appréciez-vous cette réalisation majeure et quelle sera la suite ?

Commissaire Hamid : Effectivement, il s'agit d'une réalisation majeure, car pour la première fois les experts des deux commissions et ceux des Etats membres se sont entendus sur le contenu du TEC. Ce sont normalement les maîtres à penser des hautes autorités qui se sont accordés ; j'espère qu'ils convaincront les Ministres et les Chefs d'Etat. Il nous reste maintenant deux étapes majeures : la réunion des Ministres des Finances et le conseil des Ministres de la CEDEAO. Les premiers doivent donner leur visa et les seconds doivent adopter le TEC.

Passerelles : Quelles sont les mesures complémentaires (sauvegarde) prévues pour accompagner le TEC et accroitre son efficacité ?

C.H : Il y aura à la fois des mesures conventionnelles et contractuelles qui visent la protection ou la défense des secteurs, branches ou produits fragiles ou vulnérables de certains Etats membres, des mesures transitoires de compensation ou de prise en compte des dommages ou pertes causées à certains Etats membres ; nous allons nous inspirer du processus du TEC UEMOA en l'améliorant si possible.

Passerelles : La mise en œuvre du TEC posera quelques problèmes à certains pays membres de l'OMC qui ont consolidé des droits inférieurs à la cinquième bande du tarif régional. Quelles solutions envisagez-vous pour résoudre ces problèmes ?

C.H : Ceci s'est produit avant que nous nous mettions ensemble pour fonder le TEC. Nous allons négocier avec les Etats membres de l'OMC et solliciter leur indulgence. Nous sommes optimistes.

Passerelles : L'Union africaine envisage d'établir une zone de libre-échange continentale (ZLEC) à l'horizon 2017. Quels sont les actes prévus par l'Afrique de l'Ouest pour contribuer à réaliser cette ambition ?

C.H : Nous travaillons ensemble avec la commission de l'UA et les autres commissions régionales. Nous sommes parmi les régions les plus avancées en matière d'intégration, donc nous sommes à l'aise pour nous ouvrir sur toute l'Afrique. Nous partons gagnant, parce que nous avons de nombreuses complémentarités avec les autres régions de l'Afrique.

Passerelles : La négociation de l'APE semble piétiner depuis quelque temps et des acteurs demandent l'implication des politiques au niveau le plus élevé comme c'est le cas en Europe avec le Parlement européen. Quelles sont les blocages actuels et quelles options préconisez-vous pour avancer vers un accord ?

C.H : Je suis en place depuis un an, j'ai pris le dossier en main, nous avançons normalement sur la préparation du dossier. Il y a un travail interne à faire de notre côté pour nous entendre sur l'APE avant d'aller vers la Commission européenne. Ce travail interne est à la fois technique et politique. Pour le technique nous nous sommes entendus au niveau des deux commissions (UEMOA et CEDEAO), il nous reste à nous entendre avec les autres parties prenantes que sont les experts des Etats, de la Société civile, du secteur privé, ... ceci sera fait en février 2013. En mars 2013, nous présenterons une offre d'accès au conseil ministériel de suivi. S'il nous donne son feu vert, nous en ferons la proposition aux partenaires européens. Notre objectif est de boucler ce chantier au premier semestre 2013, quel que soit le cas de figure.

Passerelles : La signature d'APE intérimaires semble être un problème pour l'Afrique de l'Ouest dans les négociations  avec l'UE. Comment allez-vous résoudre les cas de la Côte d'Ivoire et du Ghana ?

C.H : nous signerons un APE global avec notre partenaire de toujours qui est l'UE et les accords intérimaires deviendront caducs. Nous sommes presque sûrs.

Passerelles : Quelle est la stratégie de la CEDEAO  pour booster le commerce intra-régional qui ne dépasse pas 15% actuellement ?

C.H : Ce chiffre sous-estime le commerce informel intra régional, nous allons devoir mener un sérieux travail statistique pour mieux appréhender le volume de ce commerce. Nous venons de tenir un forum à Accra sur les obstacles au commerce intra régional des produits alimentaires ; cependant nous avons aussi touché aux contraintes du commerce d'une manière générale. Nous allons essayer de mettre en œuvre les recommandations importantes qui en sont sorties.

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