Accélérer la réforme en Afrique : mobiliser l’investissement dans les infrastructures et l’agriculture

10 Mai 2011

La Conférence ministérielle de l’initiative NEPAD-OCDE sur l’investissement en Afrique, s’est tenue à Dakar les 26 et 27 Avril 2011. Cette rencontre, cinquième du genre, a été présidée par le Président de la République du Sénégal. Elle a été placée sous le signe de l’accélération de la réforme en Afrique. L’objectif de cette cinquième conférence ministérielle était d’harmoniser les politiques d’investissement dans les infrastructures et l’agriculture, mais également d’accroître les flux de capitaux privés pour stimuler la croissance et réduire la pauvreté dans notre continent. Au cours de cette rencontre, une résolution comportant cinq points a été produite.

L’accélération de la réforme pour stimuler les investissements.

Les conclusions des co-présidents de la conférence ministérielle de l’initiative NEPAD - l’OCDE sur l’investissement ont noté que le niveau des investissements est tributaire des réformes entreprises par les états africains. Ces derniers devront s’inspirer du NEPAD pour attirer les investisseurs vers l’Afrique en vue de promouvoir une croissance tirée par le secteur privé. A ce titre les pays d’Afrique australe sont des exemples. En effet, la Zambie et le Mozambique ont réussi à mettre en place ce qui est convenu d’appeler le cadre d’action pour l’investissement (CAI) afin d’améliorer le climat des affaires dans le cadre du programme NEPAD-OCDE «  Libérez le potentiel d’investissement de l’Afrique australe ».

L’assainissement d’un cadre juridique et administratif et la création d’un environnement favorable en s’appuyant surtout sur des instruments multilatéraux tels que : le pacte mondial des nations unies, la convention de l’union africaine sur la prévention et la lutte contre la corruption sont autant de mécanismes de contrôle pouvant garantir d’une part les investissements nationaux et étrangers et d’autre part maintenir une concurrence à armes égales entre entreprises nationales et internationales en Afrique. En outre le lancement officiel de l’initiative conjointe OCDE-Banque Africaine de Développement (BAD) se révèle comme un facteur de coopération régionale et internationale visant à lutter contre la corruption sous toutes ses formes.

Le renforcement des investissements dans les infrastructures.

Le développement des Etats africains passe par la création d’infrastructures, le constat a été fait en marge de la cinquième conférence ministérielle. En effet, malgré l’impulsion donnée aux infrastructures par des organismes régionaux comme le Programme de développement des infrastructures en Afrique, l’Union Africaine et le Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique, des efforts restent à faire. Ainsi, des organismes d’intégration (U.E) et partenaires au développement (Banque Mondiale et B.A.D) et d’autres organisations internationales comme le G-20 sont appelés à encadrer les gouvernements africains dans leur choix stratégique et politique en vu de booster l’investissement dans le secteur des infrastructures, mais également de concevoir une mise en œuvre des partenariats publics-privés tels que le programme de renforcement des capacités.

L’Augmentation des investissements dans le secteur agricole en Afrique.

L’agriculture constitue l’activité principale en Afrique d’où la nécessité de mobiliser l’investissement pour sa rentabilité. Pour ce faire, les gouvernements Africains en dépit des progrès enregistrés dans le cadre du Programme Détaillé de développement de l’Agriculture africaine (PDDAA), doivent respecter leur engagement visant à consacrer au moins 10% de leurs dépenses publiques nationales au secteur agricole, de même que le G-8 dans leurs engagements de l’Aquila sur la sécurité alimentaire. Cette résolution a également évoqué le soutien non négligeable des instruments comme le NEPAD et L’OCDE dans l’amélioration des politiques nationales pour l’investissement agricole. Elle souligne, par ailleurs le caractère indispensable de la poursuite de la promotion de principes d’investissement responsable dans l’agriculture, tels que ceux développés par la Banque Mondiale, la FAO, la CNUCED et le FIDA, et prend note du rôle que les Principes directeurs de l’OCDE à l’intention des Entreprises multinationales, la Déclaration de principes tripartite de l’OIT sur les entreprises multilatérales et la politique sociale, et le Pacte Mondial des Nations Unies peuvent jouer dans leur mise en oeuvre.

Mobiliser les investissements verts pour la croissance et l’emploi.

Depuis quelques temps la question des énergies renouvelables occupe une place importante dans les rencontres régionales ou sous-régionale en Afrique. En effet, l’agriculture motrice de la croissance africaine nécessite un investissement à la hauteur. Les partenaires au développement doivent accompagner les gouvernements africains dans le renforcement de capacités pour réussir la transition vers une économie verte, en les dotant de moyens appropriés tels que le Fonds Climatique vert pour faire face au changement climatique. Des organismes comme la B.M ; NEPAD, OCDE ; BAD etc. doivent s’inscrire dans cet effort d’allocation de ressources par les investisseurs institutionnels à destination des investissements verts, et à promouvoir des structures de placement durables, afin de faciliter de tels flux.

La voie à suivre

Après deux jours d’échanges, la résolution de la cinquième conférence ministérielle orientée vers les investissements dans les infrastructures et l’agriculture en Afrique a décliné la voie à suivre. Elle:
- demande de  prendre note des messages clés énoncés lors de la 16e réunion du Forum pour le partenariat avec l’Afrique (FPA), notamment quant à la nécessité de promouvoir des investissements à forte intensité en main-d’oeuvre en Afrique ;
- Invite le NEPAD et l’OCDE à poursuivre leur soutien aux gouvernements africains dans leur démarche d’identification et de mise en oeuvre de réformes supplémentaires pour la croissance et l’emploi, en particulier dans les infrastructures et le secteur agricole ;
- encourage l’implication constructive du milieu des affaires et d’autres représentants de la société civile dans la conception et la mise en oeuvre de politiques publiques efficaces pour le développement du secteur privé et de normes élevés de responsabilité des entreprises ;
- et félicite du partenariat établi par l’Initiative NEPAD-OCDE pour l’investissement en Afrique avec le Bureau du Conseiller Spécial pour l’Afrique auprès des Nations Unies, la Banque Africaine de Développement et le Programme des Nations Unies pour l’Environnement, et appuie la poursuite par le Secrétariat de l’Initiative d’une politique de partenariats active ;
- invite l’Initiative NEPAD-OCDE pour l’investissement en Afrique à explorer, avec le gouvernement du Sénégal et d’autres pays d’Afrique de l’Ouest, la possibilité d’un projet pilote d’évaluation et de renforcement du cadre de l’investissement ;
- demande aux co-présidents de transmettre les principales recommandations issues de la présente Conférence à la prochaine réunion annuelle du Consortium pour les Infrastructures en Afrique (CIA), et au Groupe de travail sur le développement du G20 ;
- et décide enfin, que la prochaine Conférence aura lieu en 2012/2013 afin de revoir les progrès accomplis dans la mise en oeuvre des priorités exprimées.

Sources : Conclusion des co – présidents de la conférence; Source

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