Bâtir une Zone de libre-échange continentale inclusive

28 Septembre 2017

En janvier 2012, les dirigeants africains adoptaient une décision visant à créer une Zone de libre-échange continentale (ZLEC) d’ici l’échéance indicative de 2017, une étape importante vers l’objectif plus ambitieux de l’Union africaine (UA) de créer une véritable Communauté économique africaine. Depuis le lancement des négociations, des progrès significatifs auraient été accomplis, mais les informations sur la teneur effective des pourparlers restent limitées. Selon les déclarations de plusieurs responsables africains, les membres de la ZLEC seraient en bonne voie pour parvenir à conclure la première phase des négociations, qui porte sur le commerce des marchandises et des services, et signer un accord d’ici la fin de l’année. C’est avec cet objectif à l’esprit que les négociateurs se réuniront de nouveau début octobre.

Sur un continent qui commerce très peu avec lui-même, nombreux sont ceux qui espèrent que la ZLEC stimulera de manière significative les échanges commerciaux intra-régionaux. Sachant que le commerce intra-africain est plus diversifié que celui de l’Afrique avec le reste du monde, la ZLEC pourrait ainsi jouer un rôle décisif dans les efforts d’industrialisation du continent.

Si le potentiel de la ZLEC est prometteur, la tâche à accomplir est également immense. Au vu des difficultés rencontrées par la plupart des communautés économiques régionales africaines dans le cadre de leur processus d’intégration, on réalise vite que la mise en place d’un marché unique opérationnel entre les 55 États de l’Union africaine (UA) sera éminemment complexe. De plus, la ZLEC aura un impact variable selon les pays concernés. Dans un contexte de scepticisme croissant à l’égard du commerce, il est donc essentiel de veiller à bien comprendre les effets distributionnels de la ZLEC et de mettre en place des mesures d’accompagnement appropriées pour minimiser ses répercussions défavorables et garantir une large répartition de ses retombées positives. Quels seront les facteurs clés dans la mise en place d’une ZLEC opérationnelle ? Comment les États membres peuvent-ils veiller à ce que l’accord réponde de manière inclusive aux besoins de la population du continent ?

Ce numéro s’ouvre par une interview spéciale d’Albert Muchanga, le Commissaire au commerce et à l’industrie de l’UA, qui fournit des informations exclusives sur le processus de négociation de la ZLEC et ce qui reste à accomplir d’ici la fin de l’année et au-delà. Cette interview est complétée par quatre articles. David Luke et Jamie MacLeod soulignent un certain nombre d’éléments clés pour bâtir avec succès une ZLEC qui bénéficie à tous, tandis que Caroline Dommen présente les principales recommandations d’une récente étude d’impact sur les droits humains de l’accord prévu. Mia Mikic se penche, quant à elle, sur l’expérience de l’Association des Nations du Sud-Est asiatique (ASEAN) et réfléchit à la manière dont elle pourrait guider le processus de la ZLEC. Jacob Kotcho, enfin, analyse les défis en termes de cohérence des politiques publiques auxquels les négociations de la ZLEC sont confrontées

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L’équipe de Passerelles

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