COP 16 : Un accord minimum pour sauver le protocole de KYOTO et la terre

19 Décembre 2010

Un accord provisoire a sanctionné la 16ème    édition  de  la  Conférence  des Parties  (COP16)  de  la  Convention- cadre  des  Nations   Unies  sur  les changements   climatiques  (CCNUCC (1)) et la 6ème  Conférence des Parties agissant  comme réunion des Parties au Protocole de Kyoto (CMP) qui s'est tenu à Cancun.

Ce que  certains considèrent  comme des progrès minimum est d'une grande importance aux yeux de beaucoup de dirigeants du monde. Ce qui constitue une avancée remarquable est sans nul doute l'accord commun de la communauté inter- nationale pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.

C'est cette avancée qui justifie la satisfaction du Secrétaire Général des Nations Unies qui déclarait à la fin des travaux dans un communiqué de presse qu'« à Cancun, les gouvernements sont parvenus à un accord sur un paquet de mesures pour construire ensemble un future à faible émission de carbone et préparé au changement du climat ».

En tout état de cause, cet accord a sauvé les négociations qui, il faut le rappeler, ont débuté depuis le milieu des années 90

La société civile a aussi apprécié positivement ces avancées et attendent les actes

Il est de coutume de voir les États s'engager dans un accord sans respecter les dispositions de cet accord au moment de la mise en œuvre.

Ainsi les Organisations de Société civile présentes à cette COP ont toutes émis le souhait de voir les termes de l'accord respecté et les engagements pris se traduire en actes.

Cependant certains groupes restent sur leur « faim » c'est le cas de l'ONG, Les Amis de la Terre, qui déclare que :

« l'accord adopté à la Conférence des Nations Unies sur le climat à Cancún a échoué à faire des progrès sur le point le plus essentiel : des réductions fortes et contraignantes pour les pays développés.

Les Amis de la Terre Internationale mettent en garde contre cet accord qui fournit une plateforme pour l'abandon du protocole de Kyoto, le remplaçant par un faible système de promesses et de révision hérité de l'Accord de Copenhague, qui conduirait à un réchauffement climatique dévastateur de 5 degrés celsius."

Un minimum hautement apprécié

Si ce minimum est ainsi hautement apprécié c'est peut être parce que la tension était très vive entre les parties à ces accords. Certains considèrent que depuis la signature du protocole de Kyoto en 1997, les différentes parties adoptent des comportements aux antipodes de leurs engagements.

Malgré les déclarations et les vœux d'intention, on remarque malheureusement que les émissions mondiales de gaz à effet de serre ont considérablement augmenté depuis 1990, l'année de référence pour le protocole de  Kyoto.  Elles  sont  aujourd'hui  de

37 % plus importantes qu'en 1990.

Les accusations sont tournées vers le monde développé que certains comme le président du groupe intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), Rajendra Pachauri, accuse de « n'avoir  vraiment rien fait ». Il considère que « le Protocole de Kyoto est reconnu plutôt par sa violation que par l'adhésion aux limites qui ont été fixées.»

Fort heureusement, les parties ont reconnu l'urgence de réduire les émissions de GES de 25 à 40 % d'ici à 2020 pour ne pas dépasser 2°C d'augmentation de la température moyenne  de  la  planète :  une  valeur considérée comme limite.

Ainsi, à Cancun, elles se sont engagées à faire des progrès dans ce sens. Ces progrès qui s'articulent autour des axes suivants :

Les objectifs nationaux des pays industrialisés   sont      officiellement reconnus dans le cadre du processus multilatéral.

Ces pays élaborent des stratégies et des mécanismes pour aboutir à un développement peu       émetteur            de carbone. Ils fourniront un rapport d'inventaire de           leurs  émissions annuellement.

Les actions de réduction des émissions des pays en voie de développe- ment sont officiellement reconnues dans le cadre du processus multi- latéral. Un registre doit être mis en place pour enregistrer et faire correspondre les mesures d'atténuation des pays en voie de développement et l'aide technologique provenant des pays industrialisés.

À ce titre, les pays en voie de développement publieront un rapport d'étape tous les deux ans.

Les parties au Protocole de Kyoto s'engagent à poursuivre les négociations dans le but d'achever leurs travaux et de s'assurer qu'il n'y aura pas de recul dans les objectifs de l'après-Kyoto.                  Le         Mécanisme            de Développement  Propre  du  protocole de Kyoto a été renforcé : d'importants investissements sont attendus dans des projets de réduction des émissions dans       les        pays                 en         voie      de développement.

30 milliards de dollars seront investis rapidement ("fast-start") par les pays industrialisés afin de soutenir les pays en développement d'ici à 2012. L'Union Européenne s'est engagée à apporter 7,2 milliards d'euros. D'ici à 2020,    100       milliards            de        dollars devraient être mobilisés.

Dans le domaine de la finance climatique, un Fond Vert pour le Climat a été établi avec une représentation égale des pays en développement et ceux développés. Les gouvernements ont convenu de relancer leurs actions de réduction des émissions provenant de la déforestation et de la dégradation forestière (REDD +) dans les pays en voie de développement grâce à une aide technologique et financière. Rappelons que les forêts mondiales comptent pour près d'un cinquième des émissions globales de carbone.

Les parties ont mis en place un centre technologique sur le climat et un réseau afin d'augmenter la coopération technologique dans l'adaptation et la réduction des émissions.

Avec cet accord, le monde est désormais sur la voie selon le communiqué de Ban Ki Moon dans lequel on peut lire « bien qu'il reste beaucoup de travail à accomplir, le succès de la Conférence sur le changement climatique de Cancun a mis le monde sur la voie d'une planète plus sûre, plus prospère et plus durable pour tous ».

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