Doha et l’Aide pour le commerce sont les contributions de l’OMC aux Objectifs du Millénaire pour le développement, selon Lamy

3 Septembre 2010

La réalisation des OMD est devenue hypothétique. Les différends engagements que les Etats et les organisations internationales, bref la communauté internationale, n’ont pas été respecté. Ainsi sur les différents objectifs qui étaient identifiés n’ont pas pu être réalisé à temps. Aujourd’hui, il est peu probable qu’un seul objectif ne soit atteint. Les efforts timides qui ont été faits ont été sapés par la crise dont l’analyse de l’impact sur les marchés du travail, les systèmes fiscaux et les ressources financières des pays, démontre le gap combien important entre les objectifs et la réalité. Après un état des lieux des avancées sur la réalisation des objectifs de développe- ment décidés et acceptés à l’échelle internationale, décrit par le rapport 2010 du Groupe de réflexion sur le retard pris dans la réalisation des OMD, on constate que peu de choses ont été faite. Ce rapport en question souligne que « la période prévue pour réaliser les engagements pris et atteindre les OMD est de plus en plus proche, et que les dates butoirs fixées par les groupes de pays pour mettre en place un bon nombre d’engage- ments de partenariat n’ont que peu de chance d’être respectées en 2010 ». Parmi ces différents engagements il faut noter deux choses fondamen- tales : le volume d’aide et l’efficacité de cette aide ensuite la conclusion du cycle de Doha sur les négociations de commerce international. Ces engage- ments devraient permettre la réali- sation de l’OMD 8. Pour rattraper les retards accumulés dans la mise en œuvre des engagements pris dans le cadre de l’OMD 8, le rapport présente plusieurs recommandations.

La première série de recommandations concerne l’aide. Le groupe réflexion estime que la communauté internationale

- devrait s’engager de nouveau à atteindre l’objectif d’aide fixé par les Nations Unies de 0.7% et mettre en place un échéancier à suivre pour sa réalisation, tout en garantissant la transparence des promesses de dons individuelles.
- Soutenir financièrement les fonds régionaux de développement de manière intensive ;
- attribuer dans sa totalité les aides financières additionnelles promises aux groupes de pays prioritaires (à savoir les pays en développement);
- accroître la part d’aide attribuée dans le cadre de soutien budgé- taire et garantir que l’attribution de l’aide publique au développement (APd) concorde avec les priorités nationales des pays receveurs de l’aide ;
- fournir de nouveaux engagements sur l’efficacité de l’aide et fixer de nouvelles priorités.

Pour ce qui est du cycle de Doha et du commerce international, afin de per- mettre aux pays en développement de tirer de plus grands bénéfices à l’échelle mondiale, la communauté internationale devrait :
- intensifier ses efforts afin de con- clure les négociations commercia- les du Cycle de Doha en mettant l’accent sur le développement : garantir que les pays en dévelop- pement possèdent la flexibilité et le soutien nécessaires pour renforcer leur production et capacités commerciales dans le cadre d’une stratégie de développement plus importante.
- Continuer l’effort de démantèle- ment des mesures protectionnistes.
- Encourager l’expansion de la coopération Sud-Sud afin d’aller plus en amont dans les objectifs de développement, ainsi que la mise en place de recommandations faites par le Groupe pilote sur les financements innovants pour le développement.

Prenant la balle au rebond, Pascal Lamy, a annoncé que les négociateurs de l’OMC sont entrain de fournir d’avancer sur la question de l’Aide pour le commerce, « les travaux avancent bien ». Il a déclaré récem- ment qu’« une série de réunions au niveau régional et national ont eu lieu au cours du premier semestre et il est encourageant de constater que des
ministres et des dirigeants du monde entier, y compris au sein de l’APEC, du G20, de la Communauté des Caraïbes et de l’Union africaine, ont appelé à entretenir l’élan dans le domaine de l’Aide pour le commerce. Il faut aussi se féliciter du soutien exprimé pour une accélération des projets régionaux d’Aide pour le commerce ».

Ainsi, dans le cadre de ces avancées, il a souligné l’opérationnalité du Cadre intégré renforcé, qui est l’instrument spécifique d’Aide pour le commerce en faveur des PMA, et est axé sur des résultats concrets sur le terrain. Le DG de l’OMC, fait du renforcement du système commercial multilatéral grâce à la conclusion du PDD et l’Aide pour le commerce comme les contributions que l’OMC doit apporter. Une conclu- sion positive du Cycle de Doha répon- drait aux besoins des pays en dévelop- pement et contribuerait sensiblement à la réalisation de l’OMD 8 comme il a été précisé plus haut. L’objectif serait de remédier aux distorsions des échanges affectant le secteur de l’agri- culture au détriment des pays en développement qui sont nombreux à disposer d’un avantage comparatif dans ce secteur. L’agriculture qui est un autre secteur prioritaire des OMD fait aussi l’objet d’intenses discus- sions. Ce secteur qu’est l’agriculture devrait être plus ouvert pour permettre de diversifier la production agricole dans les pays en développement. Les PMA bénéficieront en outre d’une décision prise par les Membres de l’OMC d’accorder à leurs produits un accès aux marchés en franchise de droits et sans contingent.

« Plus d’ouverture pour la réduction de la pauvreté »

Pascal Lamy a soutenu à l’ONU que « Les avantages de l’ouverture des échanges sont bien connus et se manifestent dans la structure de la croissance des pays qui ont ouvert leurs frontières à l’échange. Et davan- tage encore s’ils ont accompagné cette ouverture par des politiques internes adéquates en matière d’investissements, de formation et de protection sociale. »

Lamy a donné deux autres exemples : « D’abord le fait que les régions où les progrès d’éradication de la pauvreté ont été les plus marqués sont celles qui échangent le plus. Il existe une corrélation directe entre l’intégration dans le système commercial multi-latéral et la croissance économique, entre la croissance et la réduction de la pauvreté. Ensuite, le fait que le système commercial multilatéral a servi de rempart contre les pires instincts protectionnistes durant la crise. Le système de surveillance que nous avons mis en place a contribué jusqu’à présent à éviter un recours généralisé à des mesures commerciales restrictives qui auraient pénalisé d’abord les pays les plus pauvres. » Il est clair pour Lamy que si le commerce multilatéral a pu jouer un rôle dans la reprise, c’est par ce qu’il est resté ouvert. Il a soutenu que « les disciplines de l’OMC ont donné aux pays les plus pauvres les moyens de sortir plus rapidement de la récession ».

Plus de régulation pour « une égalité des chances »

La conclusion de Doha selon bien des défenseurs du libéralisme, Pascal Lamy en tête pourrait aider à créer de nouvelles possibilités de croissance. Il soutient que « conclure le Cycle de Doha, c’est aussi nous acquitter de nos engagements envers les plus pauvres d’entre nous. Nous devons tenir nos promesses par exemple en leur fournissant un accès aux marchés en franchise de droits et sans contingent, ou en traitant la question des subventions agricoles au coton. » L’autre aspect de la régulation est de donner aux pays en développement les moyens nécessaires pour développer leur capacité de participer à l’échange commerce international. Et cela passe par l’aide au commerce.

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