En route vers le marché commun en Afrique de l’Est et du Sud

15 Août 2011

Les communautés des Etats d'Afrique de l'Est et du Sud, constituées du Marché commun des Etats d'Afrique australe et orientale (Comesa), la Communauté d'Afrique de l'Est (EAC) et la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC), tentent de construire le plus vaste marché interrégional du continent. Ce projet est le premier jalon pour la construction d'un marché commun continental.

Les 10 et 11 juin, les 26 états qui composent ces deux communautés se sont retrouvés à Johannesburg pour entamer des négociations qui, à terme, feront de cette partie du continent la plus vaste zone de libre échange. Le cumul des PIB de ces différentes Communautés Economiques Régionales (CER) est estimé  entre 875 et 1000 milliards de dollars, soit, 58% de la richesse produite en Afrique. Ce «marché unique élargi représente un moyen de sortir des millions de gens de la pauvreté », estime le président du Kenya, Mwai Kibaki.

Les premiers jalons de ce projet ont été posés en octobre 2008 à Kampala, la capitale ougandaise, lors du sommet tripartite EAC-COMESA-SADC. Depuis lors les Etats discutent et échangent de façon formelle et informelle pour lever tous les obstacles qui empêchent la réalisation de ce projet.

Les négociations se dérouleront en deux phases :une première phase de trois ans qui traitera du commerce des marchandises et une seconde qui s'occupera des questions liées au commerce telle que les services et la propriété intellectuelle.

La tripartite (EAC-COMESA-SADC) doit d'abord faire face à l'hétérogénéité des économies et des marchés d'une part et d'autre part la rivalité entre les Etats et entre les communautés d'Etats. Il s'y ajoute que dans ce marché «tripartite» de grandes économies comme l'Afrique du Sud et l'île Maurice devront cohabiter avec des économies en expansion et de petites économies vulnérables.

Il faut aussi noter l'importance des barrières douanières qui ralentissent les échanges dans les CER africaines.

D'autres obstacles structurels sont notés dans ce « regroupement tripartite», il s'agit de l'insuffisance des infrastructures de communication et de la faiblesse des chaînes d'approvisionnement.

Malgré ces obstacles, le projet est d'une importance capitale comme l'a souligné le président sud-africain, Jacob Zuma à l'ouverture du deuxième sommet des Chefs d'Etat et de Gouvernement de la tripartite COMESA -EAC-SADC. Dans son discours d'ouverture, il a soutenu que « le temps est venu de rassembler ces organisations pour former une grande puissance économique, pour accroître le commerce entre pays africains ».

Aller au delà de l'Afrique du Sud et de l'Est

Le roi du Swaziland, Mswati III, qui préside la COMESA a suggéré que les négociations ainsi initiées laissent à d'autres pays africains la possibilité de rejoindre le bloc.

L'objectif des négotiations est de créer un marché commun à travers tout le continent africain avec une monnaie commune, une mobilité intégrale des facteurs de production et la libre circulation des biens, des personnes et des services.

Mais la réalisation de ce grand projet ne se fera certainement pas dans un cours délais. L'Union Africaine (UA) ainsi que les différentes communautés régionales d'intégration n'ont jusqu'à présent pas pu respecter leurs engagements sur les délais de mise en œuvre de certaines politiques telle que la libre circulation des personnes et des biens.

De nouveaux rendez-vous ont été pris, il s'agit de la mise en place d'une zone de libre-échange opérationnelle aux alentours de 2017, d'une Union douanière (2019), d'une monnaie commune autour de 2021 et enfin d'un marché commun en 2023. Mais, au regard de l'évolution des  choses, plusieurs acteurs sont sceptiques quant à la réalisation de ces objectifs. Aussi, toutes les régions sont aujourd'hui en retard dans la mise en place de politiques communes sectorielles (agriculture, industrie, services, énergie ...).

Au titre des contraintes il faut aussi relever:

-          Le manque de volonté politique des dirigeants

-          L'insuffisance et/ou l'inexistence des infrastructures (transports télécommunications)

-          Absence de mécanismes de coordination

-          Non application des textes pris dans le cadre de la libre circulation des personnes des biens

-          La grande importance accordée aux accords bilatéraux entre les Etats et les pays occidentaux au détriment des accords régionaux

-          L'absence de cohérence entre les instruments et entre les politiques

Le Programme Minimum d'intégration pour impulser la dynamique

Après avoir observé les échecs qui se suivent dans le projet d'intégration, les chefs d'Etats africains ont demandé à la Commission de l'UA et aux CER de mettre en place un Programme Minimum d'intégration (PMI). Ce programme a été validé à la conférence de Syrte en Libye en 2009 et a été suivi de plusieurs autres réunions en mai et juin 2010, à Nairobi (Kenya) et Lilongwe (Malawi),  pour identifier des projets prioritaires à mettre en œuvre.

Ce Programme Minimum d'Intégration (PMI) est un mécanisme de convergence entre CER qui leur permet de renforcer leurs capacités, de bénéficier des avantages comparatifs et des bonnes pratiques dans le domaine de l'intégration. Il se réalisera à travers des projets et programmes sélectionnés par le CER. Ce PMI s'appuie sur une approche d'intégration à géométrie variable.

Synthèse Enda

Sources : Etat de l'intégration en Afrique : E/ECA/COE/30/10AU/CAMEF/EXP/10(VI), 7 février 201;

Marché commun Afrique du Sud et de l'est

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