En route vers Nairobi : quelles perspectives pour les PMA ?

24 Novembre 2015

À l’heure où, à l’OMC, les négociateurs se concentrent sur l’élaboration d’un potentiel « paquet de Nairobi », il apparaît de plus en plus clairement que cette maigre récolte ne permettra ni de camoufler l’impasse dans laquelle l’organisation se trouve, ni d’envisager le futur avec sérénité. « Quels que soient les résultats que nous obtiendrons à Nairobi, il est clair qu'il ne serait pas viable ou crédible de les présenter comme une conclusion satisfaisante du PDD », déclarait en octobre le Directeur général de l’OMC, Roberto Azevêdo,.

Beaucoup de regards semblent déjà tournés vers un après-Nairobi incertain. À ce stade, ni le contenu ni le format des négociations futures ne sont connus. L’unique certitude, c’est que les membres de l’OMC devront s’attaquer à ces questions au plus vite, car la crédibilité du système commercial multilatéral est en jeu. Néanmoins, nombreux sont ceux qui attendent tout de même que Nairobi, la première conférence ministérielle de l’OMC en Afrique, produise certains résultats concrets et pertinents en matière de développement, en particulier pour les PMA. À cet égard, la ministérielle de Nairobi ne sera-t-elle qu’une répétition des décisions prises à Bali, ou permettra-t-elle de revigorer les questions relatives aux PMA qui ont été mises en avant au cours des derniers mois ?

Alors que les positions des pays développés et émergents semblent irrémédiablement cristallisées, il est encore possible pour les PMA d’obtenir quelques engagements. Une récolte modeste pourrait inclure des dispositions concernant le coton, les règles d’origine préférentielles, la dérogation sur les services, l’accès aux marchés en franchise de droits et sans contingent, la pêche, la dérogation ADPIC et peut-être le traitement spécial et différencié. Pour que cela puisse se matérialiser, les demandes des PMA doivent être ajustées à ce que les autres membres sont prêts à donner, tout en démontrant clairement la valeur économique de ces propositions.

Les PMA ne sont pas responsables de l’impasse actuelle qui a amené certains membres plus puissants à poursuivre leurs intérêts offensifs par le biais d’accords méga-régionaux et plurilatéraux. Néanmoins, comme ils n’ont pas d’alternative, les PMA et les autres pays pauvres en développement seront les plus affectés par un affaiblissement de la fonction de négociation de l’OMC.

À l’approche de Nairobi, ce numéro spécial de Passerelles – produit en collaboration avec IDEAS Centre – est consacré aux préoccupations et intérêts des pays les moins avancés dans les négociations commerciales multilatérales. Il regroupe des analyses qui cherchent à mettre en lumière la route menant à Nairobi et au-delà, tant sur le fonds des discussions en cours que sur la forme du processus de négociation.

Nous vous invitons également à consulter nos briefings en préparation de Nairobi, ainsi que nos comptes-rendus détaillés pendant la conférence ministérielle. Pour vous inscrire à notre liste de distribution, rendez-vous dans la section abonnement de notre site.

L’équipe de Passerelle

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