L’Afrique du Sud et Madagascar signent l’accord sur la Zone de libre-échange tripartite

27 Juillet 2017

Vingt pays sur 26 ont désormais signé l’accord instituant la Zone de libre-échange tripartite (ZLET ou Tripartite), Madagascar ayant signé le texte le 13 juillet 2017 à Antanarivo, la capitale du pays. Deux jours avant, l’Afrique du Sud avait elle aussi signé l’accord de la ZLET lors d’une réunion sectorielle de la commission ministérielle de la Tripartite à Kampala, en Ouganda, une réunion qui a également enregistré des progrès sur certaines des questions toujours en suspens, dont notamment la signature des annexes restantes.

« Je suis fier que Madagascar rejoigne aujourd’hui les pays signataires. La signature de cet Accord exprime notre engagement avec le reste des pays de la Tripartite de poursuivre une destinée commune dans laquelle le commerce constitue un levier important pour le développement et la croissance économique », a déclaré le premier ministre malgache, Solonandrasana Olivier Mahafaly, lors de la cérémonie de signature, soulignant l’importance cruciale d’avoir un « système régi par des règles » pour développer le commerce entre les États membres de la ZLET.

La ZLET englobe trois communautés économiques régionales africaines, à savoir la Communauté de l’Afrique de l’Est (CAE), la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) et le Marché commun de l'Afrique orientale et australe (COMESA). Si elle est mise en œuvre avec succès, elle représentera la plus grande zone de libre-échange du continent, avec un PIB total d’environ 1 300 milliards US$ et un marché regroupant 57 pourcent de la population africaine.

Associée aux efforts d’intégration des autres communautés économiques régionales du continent, cette zone de libre-échange de 26 pays devrait également ouvrir la voie à la Zone de libre-échange continentale (ZLEC), qui est actuellement en cours de négociation entre les 54 pays membres de l’Union africaine.
 

Adoption des annexes restantes

La ZLET avait été officiellement lancée lors d’un sommet organisé en juin 2015 à Sharm El Sheikh, en Égypte (cf. Bridges Africa, 10 juin 2015). À l’époque toutefois, les annexes de l’accord n’avaient pas pu être toutes finalisées, une raison invoquée par plusieurs États membres pour ne pas signer l’accord tant que ces documents n’étaient pas adoptés.

Lors de la dernière réunion sectorielle de la commission ministérielle à Kampala, les membres de la ZLET ont finalement achevé et adopté les annexes en suspens concernant les règles d’origine, les recours commerciaux et le règlement des différends, ouvrant ainsi la voie à la signature de l’accord par un plus grand nombre de pays, l’Afrique du Sud et Madagascar étant les premiers à le faire.

« Toutes les annexes ont été achevées et adoptées par la Commission ministérielle sectorielle de la Tripartite, ce qui a permis à l’Afrique du Sud de signer l’accord », indique ainsi un communiqué publié par le Département du commerce et de l’industrie (DTI) de l’Afrique du Sud à la suite de la signature de l’accord de la ZLET par Rob Davies, ministre du commerce et de l’industrie.
 

Prochaines étapes

L’adoption de ces annexes rapproche un peu plus la ZLET de son entrée en vigueur, les États membres devant désormais s’efforcer de résoudre les dernières questions en suspens d’ici fin octobre 2017, en particulier les négociations sur les offres tarifaires et la ratification de l’accord.

Quatorze ratifications au total seront nécessaires pour que la ZLET puisse entrer en vigueur. À ce jour, seule l’Égypte a ratifié l’accord.

En ce qui concerne les engagements tarifaires, certains membres de la ZLET ont récemment fait état de certains progrès dans ce domaine. Le directeur général adjoint du DTI pour le commerce international et le développement économique, Xolelwa Mlumbi-Peter, a ainsi déclaré à Kampala que les négociations tarifaires entre l’Union douanière de l’Afrique australe (SACU) et la Communauté de l’Afrique de l’Est avaient bien avancé et devraient se conclure d’ici le mois de septembre. Il a également indiqué que les négociations avec l’Égypte, un autre partenaire important pour l’Afrique du Sud et la SACU, avaient commencé.

Pour ce qui est de la suite, Liberat Mfumukeko, qui préside la task force de la Tripartite (TTF), a indiqué que seuls des progrès limités avaient été réalisés concernant l’accord sur la circulation des hommes et femmes d’affaires et la seconde phase des négociations.

Le processus d’intégration des marchés avait initialement été divisé en deux phases distinctes de négociation. Alors que la première phase se concentre sur le commerce des marchandises, la seconde, lancée en 2015 lors du sommet de Sharm El Sheikh, porte sur le commerce des services et d’autres questions liées au commerce, telles que la propriété intellectuelle, la politique de la concurrence, le développement du commerce et la compétitivité. Il avait été décidé par les ministres de la ZLET que l’accord sur la circulation des hommes d’affaires ferait partie des négociations de la phase 1, mais dans le cadre d’un comité distinct et d’une voie distincte.

Mfumukeko précise que les « études sur les questions de la Phase II ont été réalisées et diffusées et que la TTF est en train de mobiliser des ressources pour organiser les réunions consultatives nécessaires », selon un communiqué de presse de la CAE.
 

Reportage ICTSD

28 Mars 2017
Pillage ou enrichissement mutuel ? Éclairage sur l’ampleur toujours croissante des investissements chinois dans le domaine des infrastructures en Afrique. L’Afrique est riche en ressources naturelles...
Share: 
28 Mars 2017
Le rôle des infrastructures dans le développement économique est largement reconnu. Comment le développement d’un réseau d’infrastructures de transport mieux intégré peut-il soutenir la réalisation...
Share: