L’Allemagne présente son « plan Marshall avec l’Afrique » aux experts de la Banque africaine de développement

8 Mars 2017

Gerd Müller, le ministre allemand de la coopération économique et du développement, a présenté la semaine dernière le « plan Marshall avec l’Afrique » élaboré par son gouvernement devant les experts de la Banque africaine de développement (BAD) en vue de recueillir leurs commentaires et suggestions.

Ce plan, initialement annoncé par Müller en novembre 2016, se veut une initiative à grande échelle de soutien au développement du continent africain, dans le cadre d’une approche holistique intégrant différents domaines de politiques publiques.

« Il représente un concept global qui va bien au-delà de la politique de développement. Il englobe les politiques en matière d’économie, de finance, de commerce, de sécurité, de droit, d’environnement et de santé », a déclaré M. Müller en février, s’exprimant dans le cadre du Sommet germano-africain des entreprises qui se déroulait à Nairobi.

Une première version avait été dévoilée en janvier par le ministère fédéral allemand de la coopération économique et du développement (BMZ). Le plan s’articule autour de trois piliers thématiques : (1) activité économique, commerce et emploi, (2) paix, sécurité et stabilité, et (3) démocratie, état de droit et droits de l’homme.

En matière de commerce notamment, le document affirme que des changements sont nécessaires pour « mettre fin aux exportations préjudiciables vers l’Afrique » et « passer du libre-échange à un commerce équitable, promouvoir les structures économiques et créer des chaînes de valeur locales ». Il souligne également l’importance de l’accord de l’OMC sur la facilitation des échanges.

Le programme du BMZ évoque aussi le secteur agricole, appelant en particulier à l’élimination de toutes les subventions agricoles ayant des effets de distorsion des échanges au niveau multilatéral, tout en rappelant qu’il est essentiel de permettre aux économies africaines d’utiliser des « mécanismes de sauvegarde » pour qu’elles puissent développer leur propre secteur agricole.

Le plan met également l’accent sur l’importance de mobiliser les capitaux et l’investissement privés, de mettre en place un climat propice aux affaires, de lutter contre les flux financiers illicites et de promouvoir le commerce intra-africain, dans le cadre à la fois des communautés économiques régionales et, au niveau continental, d’une « conclusion rapide et réussie » des négociations en cours pour la création d’une zone de libre-échange continentale.  

« Plus les zones commerciales africaines seront intégrées, plus elles deviendront attrayantes pour les investisseurs étrangers, avec davantage de clients potentiels, davantage de mobilité et des coûts transactionnels plus bas », a déclaré Müller en février, en soulignant que les pays européens pouvaient aider à soutenir « un commerce équitable qui encourage le développement de chaînes de valeur en Afrique ».

Dans leurs commentaires lors de la réunion de la semaine dernière, plusieurs experts de la BAD ont salué ce « plan Marshall avec l’Afrique » et souligné qu’il s’accordait avec de nombreux objectifs de la banque régionale, tandis que d’autres soulignaient des améliorations possibles.

L’approche collaborative adoptée par le BMZ a notamment suscité des commentaires positifs, Müller soulignant que le choix des mots « avec l’Afrique » n’était pas anodin. « C’est la première fois que des choses sont faites concernant l’Afrique avec l’Afrique », a insisté Frannie Leautier, vice-présidente principale de la BAD.

« L’Allemagne et l’Europe doivent maintenant écouter ce que les pays africains ont à dire pour apporter une nouvelle qualité et une nouvelle dimension à leur coopération avec l’Afrique. Nous devons nous éloigner de la mentalité donateur-bénéficiaire qui a prévalu pendant des décennies et passer à un partenariat économique fondé sur l’initiative et la responsabilité », déclare le plan dans sa section consacrée aux « points de départ ».

De façon plus critique, un expert aurait mentionné que le plan pourrait bénéficier d’une approche plus ciblée, tandis qu’un autre aurait regretté le manque de clarté sur le montant concret des ressources financières que l’Allemagne prévoit d’allouer à ce nouveau plan.

Pour ce qui est des prochaines étapes, le BMZ indique être en train d’examiner les différents commentaires et suggestions reçus pour les intégrer à la prochaine version du plan.
 

Reportage ICTSD.
Crédit photo : Clara Sanchiz, "The BAD boys". Licence: Attribution-ShareAlike 2.0 Generic (CC BY-SA 2.0)

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