La première réunion des gouverneurs de la BAII donne le feu vert à plusieurs projets

8 Juillet 2016

La première réunion annuelle de la Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures (BAII) a eu lieu à Beijing, en Chine, et a été marquée par l’annonce de plusieurs projets et l’engagement de poursuivre ses efforts en vue de devenir un acteur clé au niveau international en matière de crédits au développement.

La réunion des 25 et 26 juin a rassemblé le Conseil des Gouverneurs de la banque, sous l’œil attentif de la communauté politique internationale, afin de mesurer l’avancée du processus de création et de fonctionnement de la banque.

La BAII a officiellement commencé son activité en janvier dernier, après des années de préparatifs faisant suite à l’annonce de cette initiative par les dirigeants chinois en 2013. Détenant la majorité du capital de la banque, la Chine en abrite également le siège social.

En 2014, plusieurs pays ont rédigé un premier protocole d’accord, tandis que l’année 2015 a été consacrée à la négociation du fonctionnement précis de la banque et à l’inclusion de nouveaux membres fondateurs potentiels.
 

Plus de 500 millions de dollars de projets

La BAII a conclu ces derniers mois des accords non contraignants avec d’autres organismes de prêt multilatéraux : la Banque asiatique de développement (BAD), la banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) et la Banque européenne d’investissement (BEI).

Les quatre projets annoncés ce weekend comptent un projet financé uniquement par la BAII et trois autres en collaboration avec d’autres institutions, pour un total de 509 millions de dollars.

Le projet entièrement financé par la banque se situe au Bangladesh et vise à améliorer et développer le réseau de distribution d’électricité du pays.

La BAII s’est associée à la BERD pour la remise en état d’axes routiers au Tadjikistan et travaillera avec la BAD et le Département pour le développement international britannique (DFID) pour la construction d’autoroutes au Pakistan. Le quatrième projet, qui vise à améliorer des bidonvilles en Indonésie, est un partenariat avec la Banque mondiale.
 

Davantage de clarté sur le fonctionnement

Au cours de ces derniers mois, les détails du fonctionnement et de la gouvernance de la banque (dotée d’un capital souscrit de 100 milliards de dollars) se sont précisés, ce qui constituait un important point d’interrogation aux premiers temps de sa création (voir Bridges Weekly2 avril 2015).

Selon les termes de l'Acte constitutif (statuts) adopté en mai 2015 à l’issue de six mois de négociations, la BAII a un double objectif : soutenir les efforts de développement économique durable et améliorer la connectivité des infrastructures régionales, en collaboration avec d’autres grands bailleurs de fonds.

L’acte précise également une série de détails supplémentaires, concernant les fonctions de la BAII, les acteurs qui peuvent en devenir membre, le capital autorisé et la souscription à celui-ci, le mode d’utilisation des ressources et le fonctionnement de la banque, ainsi que le fonctionnement précis de sa gouvernance.

« Aujourd’hui, avec six mois d’expérience opérationnelle à notre actif, je suis ravi de vous informer que la Banque a commencé à réaliser certains de ses engagements envers vous, ses membres fondateurs, et envers la communauté internationale au sens large » a déclaré Jin Liqun, Président de la BAII, dans son rapport au Conseil des Gouverneurs.

Parmi ces premières réalisations, M. Liqun a souligné l’objectif d’excellence dans la performance de la BAII, qui souhaite offrir « des services et des financements d’infrastructures rapides, abordables et viables à nos clients – en gardant toujours à l’esprit la nécessité de protéger l’environnement naturel et humain ».

Pour ce qui est de l’objectif global de la banque de pouvoir prêter entre 500 millions et 1,2 milliards de dollars cette année, les représentants officiels de la BAII ont confirmé que l’organisation était en bonne voie de réaliser cet objectif.

Le président de la banque avait été officiellement nommé par le Conseil des Gouverneurs en janvier. Il a précédemment travaillé au sein de banques et de sociétés d’investissement chinoises et a également occupé des postes de haut niveau à la Banque asiatique d’investissement, à la Banque mondiale, au Fonds pour l’environnement mondial et au Ministère chinois des finances. La durée de son mandat est de cinq ans, renouvelable une fois.

Le président est également assisté de cinq vice-présidents originaires de pays membres tels que le Royaume-Uni, la Corée ou l’Indonésie.

Au total, l’effectif de la banque devrait atteindre une centaine de personnes d’ici la fin de l’année. Elle est également dotée d’un Conseil des Gouverneurs composé d’un gouverneur et d’un substitut pour chaque pays membre de la BAII. Ce conseil représente l’instance dirigeante la plus élevée de l’organisation.

Ses pouvoirs sont ensuite délégués à un Conseil d'administration, à quelques exceptions près. Par exemple, toute modification de l’Acte constitutif ou des membres de la banque relèvera toujours du Conseil des Gouverneurs.

En parallèle, la banque a également approuvé ces derniers mois toute une série d’autres documents de politique interne, comme par exemple le cadre social et environnemental de son activité, la politique d'achat ou la tarification des prêts souverains, ainsi que la définition des pratiques prohibées.
 

Liste finale des membres ?

La liste finale des pays dits « membres fondateurs » de la BAII n’est pas encore confirmée. L’organisation compte 57 « membres fondateurs potentiels » qui ont signé l’Acte constitutif de la banque.

À ce jour, 46 pays ont soumis leur instrument de ratification à la banque multilatérale de développement, les 11 autres devant le faire d’ici la fin de l’année.

Les membres fondateurs potentiels couvrent un large éventail géographique : si beaucoup d’entre eux sont concentrés en Asie, d’autres proviennent de pays d’Europe, d’Afrique et du Moyen-Orient. Pour le moment, la liste ne compte aucun membre d’Amérique du Nord ou d’Amérique latine, à l’exception du Brésil. Certains médias indiquent toutefois que de nouveaux candidats en provenance d’Afrique et d’Amérique latine pourraient bientôt être confirmés.

La BAII a fixé la date limite des candidatures au 30 septembre pour les nouveaux membres, qui seraient alors en mesure de rejoindre la banque en 2017. Les États-Unis, qui auraient critiqué certains des principaux pays partenaires de la BAII l’an dernier au moment d’adhérer à la banque multilatérale, n’ont pas demandé à en faire partie. Le Japon ne figure pas non plus dans la liste de ses membres fondateurs potentiels.

A venir

Les dates et le lieu de la prochaine assemblée annuelle ont déjà été fixés : c’est la Corée qui accueillera la réunion du 16 au 18 juin 2017. La liste des membres fondateurs de la BAII sera finalisée d’ici là.
 

Reportage ICTSD ; « AIIB expansion plans underscore China’s global ambitions », Financial Times, 26 juin 2016 ; « AIIB gathers for inaugural annual meeting », Financial Times, 24 juin 2016 ; « China says AIIB will have better understanding of developing world’s needs than other international development banks », South China Morning Post, 26 juin 2016.

Cet article est initialement paru dans Bridges Weekly, 30 juin 2016.

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