Le Brésil et l’Afrique du Sud promettent de renforcer leurs liens commerciaux et économiques

22 Mai 2017

Les relations commerciales et économiques entre le Brésil et l’Afrique du Sud doivent être renforcées, ont insisté Maite Nkoana-Mashabane, ministre sud-africaine des relations internationales et de la coopération, et son homologue brésilien Aloysio Nunes Ferreira à la suite d’une réunion bilatérale qui s’est déroulée le 15 mai à Pretoria, en Afrique du Sud.

Nunes Ferreira, récemment nommé au poste de ministre des affaires étrangères du Brésil, a achevé dans la capitale sud-africaine une semaine de visites diplomatiques en Afrique australe, qui l’ont également conduit en Namibie, au Botswana, au Malawi et au Mozambique. Au Mozambique, qui est un partenaire important du Brésil dans la région en raison de son héritage portugais, ainsi qu’au Malawi, le ministre brésilien a signé un certain nombre d’accords économiques et de protocoles d’accord sur différents thèmes, tels que les visas, la sécurité sociale ou la formation technique.

La visite de Nunes Ferreira a été interprétée par les analystes comme un signe de la volonté croissante du Brésil de resserrer ses liens de coopération avec l’Afrique. Dans un communiqué publié avant le déplacement du ministre en Afrique, le ministère brésilien des affaires étrangères a souligné que l’intérêt du Brésil à l’égard du continent se manifestait déjà à travers différentes initiatives de coopération, en matière notamment de commerce et d’investissement.

« Cette visite réaffirme ces liens et ouvre des perspectives de coopération avec l’Afrique, qui est l’une des régions les plus prometteuses pour la promotion de partenariats économiques et commerciaux, et un acteur voué à jouer un rôle croissant sur la scène mondiale », précise le communiqué de presse.
 

Renforcer le partenariat entre le Brésil et l’Afrique du Sud

S’exprimant après la réunion bilatérale de Pretoria, Nunes Ferreira a insisté sur la volonté du gouvernement brésilien d’intensifier la coopération bilatérale avec l’Afrique du Sud pour le bénéfice mutuel des deux pays, dans le cadre notamment d’efforts visant à promouvoir les « intérêts communs » des deux pays au niveau mondial. Il a notamment évoqué l’importance de la collaboration dans le cadre des Nations unies ou de forums tels que le Forum IBSA (Inde, Brésil et Afrique du Sud), le groupe des pays BRICS ou le G20.

« Mon objectif est d’œuvrer au renouvellement du Partenariat stratégique Brésil-Afrique du Sud et de donner un nouvel élan aux relations déjà solides entre nos deux pays », a indiqué le ministre brésilien. Son homologue sud-africaine s’est faite l’écho de cet objectif : « nous souhaitons donner une signification accrue à nos engagements bilatéraux », a indiqué Mme Nkoana-Mashabane.

Cet objectif devrait être poursuivi dans le cadre d’un programme complet couvrant entre autres le commerce, l’investissement, l’agriculture, les sciences et la technologie, la santé, les communications, la défense, l’éducation, l’énergie et l’environnement. Les deux pays ont convenu de finaliser un certain nombre d’accords mutuels dans plusieurs de ces domaines.

En matière de commerce, les deux ministres ont « exprimé leur volonté de travailler de concert au renforcement de relations commerciales bilatérales et régionales avantageuses », indique la déclaration commune.

Il est notamment espéré que la récente entrée en vigueur de l’accord de libre-échange entre l’Union douanière d’Afrique australe (la SACU, qui se compose de l’Afrique du Sud, du Botswana, du Lesotho, de la Namibie, et du Swaziland) et le Mercosur (dont les membres à part entière sont actuellement l’Argentine, le Brésil, le Paraguay et l’Uruguay) stimulera le développement des flux commerciaux entre le Brésil et l’Afrique du Sud.

Cet accord, qui représente le premier accord de libre-échange conclu par la SACU en tant qu’entité spécifique, comprend des concessions sur plus de 1000 produits de part et d’autre. Une première version de l’accord avait été signée en 2004, pour être remplacée par un accord actualisé en 2008 après que certaines questions en suspens aient été résolues entre les deux parties. L’accord est entré en vigueur le 1er avril 2016 après sa ratification par l’ensemble des signataires.

Alors que les flux commerciaux entre l’Afrique du Sud et le Brésil ont baissé ces dernières années, passant d’environ 2,5 milliards US$ en 2011 à près de 1,8 milliards US$ en 2016 selon les statistiques Comtrade des Nations unies, les représentants des deux gouvernements ont indiqué qu’ils pourraient être redynamisés par cet accord. Nunes Ferreira a indiqué que les secteurs prometteurs comprennent les produits chimiques, le textile, l’acier, les plastiques, l’automobile, les produits électroniques et les biens d’équipement, ainsi que les produits agricoles.

Historiquement, le Brésil est un exportateur net de marchandises vers l’Afrique du Sud. En 2016, ses exportations vers ce pays ont atteint 1,4 milliards US$, alors que ses importations de produits sud-africains atteignaient seulement 379 millions US$. Le commerce entre les deux partenaires comporte une part relativement élevée de produits industriels et manufacturés.

« Il est intéressant de noter que 73 pourcent des exportations brésiliennes vers l’Afrique du Sud et 58 pourcent des exportations sud-africaines vers le Brésil correspondent à des produits à forte valeur ajoutée, ce qui est plutôt impressionnant lorsque l’on sait que les exportations des deux pays sont par ailleurs largement dominées par les matières premières (plus de 60 pourcent dans les deux cas) », a insisté Nunes Ferreira.

Un autre domaine dans lequel une « coopération plus étroite » entre les deux pays devrait être encouragée est celui de l’investissement, a indiqué le ministre brésilien. « Le Brésil est prêt à discuter de l’adoption d’un cadre normatif, axé notamment sur la création de lignes de communication directe entre les gouvernements, ce qui éviterait la judiciarisation des différends en matière d’investissement, tout en respectant le pouvoir des États sur les questions sociales et environnementales connexes », a-t-il déclaré.
 

Reportage ICTSD

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