Le Maroc et l’Éthiopie soumettent leurs engagements climatiques

15 Juin 2015

En vue de la 21ème Conférence des Parties (COP21) de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) de 2015, le Maroc et l’Éthiopie ont soumis leur contribution prévue déterminée au niveau national (INDC). Au début du mois d’avril, le Gabon avait été le premier pays africain à soumettre son plan d’action climatique (voir Passerelles 28 avril 2015). Les engagements du Maroc et de l’Éthiopie ont été transmis au Secrétariat de la CCNUCC le 5 et le 10 juin, respectivement. Ces annonces portent à 40 le nombre d’États parties à la convention ayant soumis leur INDC.

Tous les États parties à la CCNUCC doivent soumettre leur contribution nationale avant la tenue de la 21ème conférence, qui se déroulera à Paris en décembre 2015. La conférence doit déboucher sur un accord global sur le climat permettant de maintenir l’accroissement des températures globales en dessous d’une moyenne de 2 degrés Celsius. Les INDC reçues avant le 1er octobre 2015 seront inclues dans un rapport de synthèse, à paraître le 1er novembre 2015, qui évaluera leur effet agrégé.

Dans sa contribution, le Maroc s’engage à réduire de 13 pourcent ses émissions de gaz à effet de serre d’ici l’année 2030, par rapport à un scénario « business as usual ». Un objectif que le document qualifie d’inconditionnel. À ce dernier vient s’ajouter un autre objectif, de 32 pourcent de réduction cette fois-ci, qui pourrait être réalisé à condition que le Maroc reçoive un appui financier international, notamment via le Fonds vert pour le climat. « L’effort que le Maroc devra consentir pour atteindre cette ambition nécessite un investissement global de l’ordre de 45 milliards de dollars américains, dont 35 milliards sont conditionnés par un appui international », peut-on lire dans la contribution. Le Maroc, qui accueillera la 22ème conférence de la CCNUCC, consacrera 10 milliards de dollars EU à la réalisation de son objectif climatique. S’exprimant au sujet de l’engagement marocain lors de son annonce, l’envoyé spécial du président français pour la protection de la planète, l’écologiste français Nicolas Hulot, l’a qualifié d’ « assez ambitieux ».

La contribution éthiopienne, quant à elle, indique que le pays s’engage à limiter ses émissions nettes de gaz à effet de serre à 145 mégatonnes d’équivalent CO2 à l’horizon 2030. En clair, cela correspond à une réduction de 255 mégatonnes, c’est-à-dire de 64 pourcent, des émissions prévues dans le scénario « business as usual ». De nombreux observateurs ont salué cet objectif, jugé particulièrement ambitieux. « L’Ethiopie montre la voie aux pays riches » a notamment salué Tim Gore, d’Oxfam. Pour un pays comme l’Éthiopie, qui est le deuxième pays le plus peuplé d’Afrique et qui connaît régulièrement des taux de croissance dépassant les 10 pourcent depuis une décennie, le défi est important. 


Rapport ICTSD; "Morocco, Ethiopia Submit INDCs", IISD African Regional Coverage, 10 juin 2015.

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