Les acteurs Ouest africains misent sur le renforcement de l’intégration et le financement du développement

11 Décembre 2014

Le Centre Africain pour le Commerce, l'Intégration et le Développement (Enda CACID) et Open Society Initiative for West Africa (OSIWA) ont organisé les 27 et 28 octobre 2014 à Dakar un dialogue régional multi-acteurs sous le thème: "l’Accord de partenariat économique (APE), les politiques sectorielles régionales et le développement en Afrique de l’Ouest : menaces et opportunités"

La rencontre a permis de mobiliser les principaux acteurs pour débattre dans un cadre ouvert et inclusif, des principaux enjeux de cet accord, l'objectif poursuivi étant d'aller au-delà de l'opposition entre partisans et adversaires de l'APE et mettre en débat la problématique du renforcement de l'intégration régionale, la construction des politiques sectorielles communes et la mise en œuvre d'une vision du développement comme base du progrès économique et social des peuples ouest africains

De nombreuses institutions nationales, régionales et internationales ainsi que des acteurs clés de l'intégration régionale et du développement en Afrique de l'Ouest ont pris part au dialogue. Au nom de la CEDEAO, les Commissaires Marc L. Atouga et Kalilou Traoré, chargés respectivement de l’agriculture et de l’industrie, le Directeur de la douane,  Salifou Tiemtoré, et Abdoulaye Zonon, économiste membre de l'Unité de coordination du Programme Communautaire de Développement (PCD) étaient présents.

Le dialogue a offert à ces autorités régionales l'opportunité d'expliquer davantage les raisons qui fondent la conclusion de l'accord, le contenu de celui-ci, les enjeux et défis qui le sous-tendent ainsi que les perspectives. Il a aussi donné aux autres acteurs (société civile, secteur privé, parlementaires, presse, etc.) l'opportunité d'exposer leurs points de vue et leurs préoccupations et de proposer des voies alternatives pour l'Afrique de l'Ouest.

Après  deux jours d'échanges, les participants sont parvenus à adopter une plateforme de conclusions et recommandations consensuelles restituées ci après.

Les politiques sectorielles en Afrique de l'Ouest

Le dialogue régional multi-acteurs a insisté sur la nécessité d'accélérer et d'approfondir la construction des politiques sectorielles régionales en cohérence avec la vision du développement dont l'Afrique de l'Ouest s'est dotée. L'élaboration et la mise en œuvre de ces politiques doivent se faire dans un cadre inclusif et participatif et faire appel à l'ensemble des acteurs de la région se sont accordés les participants.

Ces politiques doivent être centrées sur les besoins spécifiques des populations de l'Afrique de l'Ouest, sur la nature particulière de son économie, y compris son agriculture familiale et son tissu industriel composé de PME et de secteur informel.

Le dialogue a également souligné la nécessité d'une mobilisation des acteurs autour des chantiers de l'intégration régionale afin de rendre effective l'application des instruments relatifs à la libre circulation des marchandises et des personnes et des outils de l'intégration et bâtir une véritable communauté régionale des citoyens.

 L’Accord de partenariat économique (APE)

Le dialogue a reconnu que l'APE n'est pas une fin en soi. Sa négociation ne doit pas cacher l'impérieuse nécessité pour l'Afrique de l'Ouest de prendre en charge son destin et de mettre sur pied tous les instruments nécessaires au renforcement de son intégration et au financement de son développement.

Conscients que la mise en œuvre de l’accord entrainera des pertes importantes des recettes fiscales,les participants ont mis l'accent sur la nécessité de prendre en compte la situation particulière des pays les moins avancés (PMA) de la région afin d'éviter que l’APE ne les soumette à un effort insoutenable pour leurs structures économiques encore fragiles.

Ils ont aussi rappelé que les préoccupations exprimées par le Nigéria doivent être prises en compte par la CEDEAO et les Etats afin que les initiatives de développement industriel entreprises par ce pays ne soient pas entravées par la mise en œuvre de l'APE.

Dans une perspective de la mise en œuvre de l’APE, les participants ont appelé les Etats et les institutions régionales à ouvrir une large concertation autour du contenu et des enjeux de l'accord et à rendre public le texte de l'accord comme préalable à la signature. A cet égard, ils ont soutenu que le débat sur l'APE ne doit pas rester une affaire d’experts. Il doit au contraire être élargi à tous les citoyens qui seront concernés par les impacts, qu'ils soient positifs ou négatifs. Ils ont invité ainsi les autorités nationales ayant suivi la négociation de l'APE à engager un débat public ouvert et contradictoire avec les organisations actives dans les secteurs de production et dans la société civile ainsi qu'avec les assemblées nationales.

Prenant en compte la faiblesse des capacités de production de base et la faible maîtrise des procédures de déclenchement des mesures de défense commerciale prévues dans l’accord, les participants ont insisté sur la nécessité de renforcer les capacités des administrations douanières nationales dans ce domaine.

 L’intégration continentale

 Les participants se sont félicités des progrès réalisés dans le cadre de la création de la Zone de libre-échange continentale prévue pour 2017. Ils ont toutefois exprimé leurs préoccupations sur le fait que les conclusions d'APE régionaux différents pourraient avoir une incidence négative sur la construction de la Zone. En conséquence, ils ont appelé les Communautés économiques régionales et les institutions continentales à veiller à la cohérence entre elles afin de renforcer le commerce intra-régional en Afrique.  

Constatant la floraison des accords commerciaux régionaux et leurs impacts potentiels sur les pays tiers ; les participants ont invité les autorités de la région à prêter une attention particulière aux accords commerciaux dans lesquels l'Union Européennes s'est engagée, en particulier le partenariat transatlantique pour le commerce et l'investissement que l'UE négocie avec les Etats-Unis, et qui peut éroder les marges préférentielles dont bénéficient les pays et régions ouest-africains.

 La transformation économique et l'adoption d'un nouveau paradigme du développement

 Au-delà de l'APE, les discussions ont aussi porté sur la transformation économique et le financement du développement en Afrique. A cet égard les participants ont insisté sur la nécessité de bâtir une vision stratégique ouest-africaine du développement, fondée sur un nouveau paradigme qui mobilise et valorise le capital naturel, les ressources et l'expertise disponibles dans la région.

 Pour atteindre cet objectif, les participants ont appelé le secteur privé ouest-africain à être plus offensif pour investir dans les secteurs porteurs de croissance et capables de renforcer la transformation structurelle, grâce au développement de chaines de valeurs régionales.

 

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