Les chefs de l’OMC et de l’OCDE appellent à renforcer la connectivité lors de l’examen de l’aide pour le commerce

14 Juillet 2017

À l’occasion de l’examen global bisannuel de l’aide pour le commerce, les directeurs et représentants de plusieurs organisations internationales ont appelé à des efforts accrus en vue d’améliorer la connectivité numérique, de réduire les coûts du commerce et d’améliorer les infrastructures dans le cadre de l’Initiative Aide pour le commerce.

Cet événement de trois jours s’est achevé le jeudi 13 juillet, à l’issue de plus de 50 sessions sur le thème « Promouvoir le commerce inclusif et la connectivité pour le développement durable ». L’événement a regroupé des participants issus des gouvernements, de la société civile, du monde universitaire et des institutions internationales.
 

Un total de 300 milliards de dollars

L’Initiative Aide pour le commerce remonte à fin 2005, lorsqu’elle a été adoptée par les ministres du commerce réunis dans le cadre de la conférence ministérielle de l’OMC à Hong Kong. Les membres de l’OMC actualisent depuis lors régulièrement leurs programmes de travail dans le cadre de cette initiative et des examens ont eu lieu tous les deux ans depuis 2007.

La préparation de ces examens comprend un exercice de suivi mené par l’OMC et l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), qui a notamment donné lieu à un atelier le 30 mai sous l’égide du Comité du commerce et du développement de l’OMC. À cette occasion, les participants ont évoqué des problèmes tels que les déséquilibres régionaux de l’aide, ainsi que la nécessité d’une meilleure connectivité, au moyen notamment des technologies de l’information et des communications (TIC), entre autres problèmes nécessitant un examen plus approfondi.

La vice-présidente gambienne, Aja Fatoumatta Jallow Tambajang, a prononcé le discours d’ouverture mardi matin, évoquant devant une salle comble certains des problèmes auxquels l’économie de son pays continue d’être confrontée dans le cadre des échanges commerciaux, et sa volonté de mettre en place un environnement plus concurrentiel pour les entreprises et d’entreprendre les réformes nécessaires pour y parvenir.

Les responsables d’institutions internationales qui se sont exprimés mardi ont eux aussi évoqué le potentiel de l’aide pour le commerce, tout en appelant également à en faire plus pour en élargir la portée.

« Depuis son lancement il y a plus de dix ans, plus de 300 milliards de dollars ont été versés au titre de l’Initiative Aide pour le commerce, bénéficiant à 146 pays. Chacun de ces dollars avait pour but d’aider ces pays à renforcer leurs infrastructures et leurs capacités commerciales », a déclaré le directeur général de l’OMC, Roberto Azevêdo, lors de la session plénière d’ouverture mardi dernier.

D’autres responsables officiels ont noté que l’initiative a continué de bénéficier d’un soutien financier même dans les moments difficiles, ce qui atteste selon eux de son potentiel.

« Depuis le début de l’Initiative Aide pour le commerce, les engagements des bailleurs de fonds bilatéraux et multilatéraux ont augmenté chaque année de plus de 10 pourcent… Ils n’ont jamais cessé de croître, même en période de restrictions budgétaires, même lorsque certains budgets d’aide étaient remis en cause », a déclaré mardi le secrétaire général de l’OCDE Ángel Gurría.

Selon un rapport conjoint de l’OMC et de l’OCDE, près de 150 pays en développement ont bénéficié de cette aide sur la même période, avec un peu plus d’un quart de l’aide allant aux pays les moins avancés.

Le rapport Panorama de l’aide pour le commerce 2017 de l’OMC et de l’OCDE évoque également certaines difficultés, touchant à la connectivité physique ou numérique, qui sont susceptibles d’empêcher les pays plus pauvres de participer réellement aux échanges commerciaux et de tirer pleinement parti des avantages de l’aide pour le commerce. Il évoque également la récente entrée en vigueur de l’Accord sur la facilitation des échanges (AFE) de l’OMC en tant qu’outil précieux de développement, susceptible de faciliter la participation des entreprises de plus petite taille aux échanges commerciaux, tout en rendant le passage des marchandises aux frontières plus simple et moins coûteux (cf. Passerelles28 février 2017).

« La facilitation  des  échanges  est  au  premier rang des priorités des pays en développement et de leurs partenaires de développement en matière d’Aide pour le commerce, mais dans un sens plus large englobant également la connectivité physique – corridors de transport, par exemple – et la connectivité numérique », indique le rapport.

Les dirigeants d’institutions internationales et les participants à l’événement ont ainsi fait part à de nombreuses reprises de leur inquiétude quant à l’accès limité à Internet observé dans de nombreuses régions du monde, et de ses implications en termes d’opportunités économiques pour les populations concernées, qu’il s’agisse de déséquilibres régionaux ou entre les sexes.

« 3,9 milliards de personne ne sont toujours pas en ligne. Une personne sur quatre seulement utilise Internet en Afrique, et seulement une sur sept dans les pays les moins avancés. Par rapport aux hommes, un quart de plus de femmes n’ont pas accès à lnternet », a déclaré M. Gurría mardi, précisant que ces limitations ont des conséquences sur la santé, l’éducation et l’avenir économique des populations concernées.
 

Développement durable et lutte contre la pauvreté

L’Examen global de l’aide pour le commerce de cette année s’est également penché sur la question de savoir comment tirer parti de l’initiative pour appuyer des objectifs plus larges de développement durable, et notamment celui d’éliminer la pauvreté sous toutes ses formes d'ici 2030, comme le visent les Objectifs de développement durable des Nations unies.

« Soyons ambitieux. Le commerce a permis de sortir un milliard de personnes de la pauvreté. Nous savons ce qui peut être réalisé. Redoublons donc d’efforts maintenant pour continuer ce travail. Construisons un système commercial plus inclusif, qui soutienne les nouveaux Objectifs de développement durable et ouvre la voie à un monde meilleur », a déclaré M. Azevêdo.

Azevêdo a également mentionné l’insuffisance des infrastructures, les coûts élevés du commerce et la discrimination entre les genres comme « obstacles majeurs à un développement durable » et a appelé à s’attaquer à ces problèmes ainsi qu’à soutenir les efforts de facilitation des échanges, dans le cadre notamment de l’AFE.

Pour sa part, M. Gurría a souligné l’importance de défendre un système commercial multilatéral fondé sur des règles, ajoutant que lui et M. Azevêdo « avaient été très clairs à ce sujet » lors du sommet du G20 de la semaine dernière à Hambourg en Allemagne.

« Le commerce n’est pas responsable des maux de ce monde », et ne peut non plus résoudre tous les problèmes du monde, a-t-il déclaré mardi, indiquant qu’il ne fallait pas en faire le « bouc émissaire » de la mondialisation.

« Nous avons laissé pour compte trop de monde. Nous devons faire un examen sévère. Mais nous devons aussi promouvoir un commerce libre et équitable pour tous », a déclaré M. Gurría, notant également que l’aide pour le commerce pouvait contribuer à résoudre certains de ces problèmes.
 

Informations complémentaires

Le programme complet de l’examen mondial ainsi que des retransmissions en ligne et des résumés de certaines sessions peuvent être consultés sur le site internet de l'OMC. Des analyses complémentaires sur le thème de l’aide pour le commerce réalisées par ICTSD sont disponibles dans un numéro spécial de Bridges Africa et Passerelles, publié à l’occasion de l’examen global.

Reportage ICTSD. Cet article est initialement paru dans Bridges Weekly le 13 juillet 2017.

28 Mars 2017
Pillage ou enrichissement mutuel ? Éclairage sur l’ampleur toujours croissante des investissements chinois dans le domaine des infrastructures en Afrique. L’Afrique est riche en ressources naturelles...
Share: 
28 Mars 2017
Le rôle des infrastructures dans le développement économique est largement reconnu. Comment le développement d’un réseau d’infrastructures de transport mieux intégré peut-il soutenir la réalisation...
Share: