Les membres de l'OMC confient la présidence des négociations agricoles à l’ambassadeur du Kenya

20 Avril 2017

Les gouvernements ont convenu le 7 avril de nommer l’ambassadeur kenyan auprès de l’OMC, Stephen Karau, à la présidence des négociations agricoles de l’organisation genevoise, mettant ainsi fin à plusieurs mois de blocage sur cette question.

Les nouvelles fonctions de M. Karau ont été confirmées en même temps que toute une série d’autres nominations à des postes officiels de l’OMC lors d’une réunion du Conseil général de l’OMC. Ce poste était toutefois jugé d’une importance cruciale pour avancer dans d’autres domaines au niveau de l’OMC, notamment parce que pour beaucoup de pays, l’agriculture constitue un thème central des négociations.

D’autres sources soulignent la complexité des pourparlers agricoles, ainsi que leur propension à générer de fréquentes controverses.
 

Fin de la pause des négociations

La décision met fin à un hiatus prolongé des négociations qui avait commencé lorsque l’ancien président, l’ambassadeur néo-zélandais Vangelis Vitalis, était rentré à Wellington en janvier.

Depuis lors, le groupe de l’Amérique latine aurait été en désaccord avec le groupe asiatique sur les candidats proposés, un consensus semblant difficile à trouver jusqu’à ce que l’ambassadeur kenyan soit confirmé la semaine dernière.

« On a l’impression d’avoir levé le pied de l’accélérateur », indique un représentant officiel qui regrette la relative absence d’activités concernant les négociations depuis le début de l’année.  

Bien que les délégations aient poursuivi leurs travaux techniques et se soient réunis entre eux de leur propre initiative, nos sources indiquent qu’il a eu un blanc dans les pourparlers depuis la recrudescence d’activité de la fin de l’an dernier. À l’époque, de nombreux gouvernements avaient manifesté un fort intérêt pour aboutir à un résultat sur le soutien interne à l’agriculture d’ici la fin de 2017 (voir Passerelles3 février 2017 et 24 novembre 2016).

Certains négociateurs nous ont indiqué qu’ils espérent maintenant que des progrès pourront être réalisés sur les questions du commerce agricole dans la perspective de la 11ème Conférence ministérielle de l’organisation, qui se déroulera du 11 au 14 décembre à Buenos Aires, en Argentine.

Les autres domaines en cours de discussion en vue d’un éventuel résultat à l’occasion de la réunion de Buenos Aires comprennent la mise en place de disciplines relatives aux subventions préjudiciables à la pêche, ainsi que l’adoption potentielle de règles concernant la réglementation intérieure et la facilitation des échanges dans le domaine des services. Le commerce en ligne (« e-commerce ») est un autre domaine qui a suscité l'intérêt de certains membres en vue d’un résultat lors de la conférence ministérielle.
 

La position américaine toujours incertaine

Certaines sources préviennent toutefois que les questions sous-jacentes concernant la teneur des pourparlers perdurent.

« Changer de président ne change pas tout », indique un représentant officiel, qui note également l’incertitude toujours présente quant à la manière dont la nouvelle administration américaine abordera les questions du commerce agricole dans le cadre de l’OMC.

Le Sénat américain n’a toujours pas confirmé la nomination du représentant américain au commerce, ce qui entretient l’incertitude sur l’approche potentielle de Washington. Le président américain Donald Trump a nommé Robert Lighthizer, un avocat du commerce international, pour occuper ce poste. Celui d’ambassadeur des États-Unis auprès de l’OMC est également toujours vacant (voir Bridges Weekly16 mars 2017)

En parallèle, les autres grandes économies se sont montrées réticentes à signaler tout changement éventuel de leur propre position de négociation.

« La plupart des membres n’ont pas changé de position », observe un représentant officiel.
 

Prochaines réunions

Le nouveau président devrait relancer le processus de consultation avec les membres de l’OMC à l’issue du bref congé de printemps de l’organisation, à commencer par une réunion de la session spéciale du Comité de l’agriculture prévue le 26 avril.

En parallèle, d’autres sources indiquent qu’une mini-conférence ministérielle prévue début juin à Paris pourrait également apporter une impulsion supplémentaire et des orientations pour la suite des pourparlers. Cette mini-réunion ministérielle coïncidera avec le Forum et la réunion du Conseil ministériel de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), deux événements qui ont lieu chaque année. 
 

Reportage ICTSD. 

Cet article est initialement paru dans Bridges Weekly le 13 avril 2017.

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