Les pays d’Afrique centrale définissent une position commune en matière de climat

14 Septembre 2015

Les représentants des pays de la Communauté économique des États d’Afrique centrale (CEEAC) ont tenu un sommet extraordinaire, à la fin du mois d’août, en vue de coordonner leurs positions en matière de climat et d’arrêter une position commune dans la perspective de la 21ème Conférence des parties (COP21) de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC). Seul le Burundi était absent des discussions, auxquelles ont participé les 10 autres États membres de la CEEAC, à savoir l’Angola, le Cameroun, la Centrafrique, le Congo, la République démocratique du Congo, le Gabon, la Guinée Equatoriale, la République démocratique de Sao Tomé & Principe, le Tchad et le Rwanda.

Les quatre jours de travaux ont vu la succession, dans la ville de Libreville, d’une réunion d’experts, d’un conseil des ministres, et d’un sommet des chefs d’États de la CEEAC. Les assises ont débouché sur l’adoption, par les ministres de la CEEAC, d’une déclaration définissant leur position commune en vue de la COP21, qui se tiendra en décembre à Paris.

La déclaration détaille la position commune des États de la CEEAC sur la nature juridique de l’accord, les contributions prévues déterminées au niveau national (CPDN), le transfert de technologie et le renforcement des capacités, le financement, l’atténuation, l’adaptation, les pertes et dommages, la mobilisation des acteurs non étatiques, des élus locaux et des parlementaires et enfin sur la réduction des émissions liées à la déforestation et la dégradation des forêts (REDD+).

Concernant la nature juridique de l’accord, la déclaration appelle à la signature d’un accord universel, juste, équitable et juridiquement contraignant, auquel toutes les parties s’engagent. Ce dernier devra être basée sur les principes de la CCNUCC, et en particulier celui la responsabilité commune mais différenciée (RCMD), auquel la déclaration se réfère explicitement.

En matière d’atténuation, les ministres réaffirment l’engagement des États de la CEEAC à contribuer selon leurs capacités à l’effort mondial de limitation de la hausse de la température moyenne globale en deçà de 2°C. La déclaration encourage la soumission par tous les États de la CEEAC de leur contribution prévue déterminée au niveau national (CPDN) reflétant un plan climat élaboré de manière cohérente avec leur stratégie de développement.

Pour ce qui est du financement, la déclaration appelle les pays développés ayant fait des annonces de contributions à honorer leurs engagements pour le Fonds vert pour le climat. Par ailleurs, les ministres s’engagent à créer un Fonds pour l’économie verte en Afrique centrale, sous les auspices de la Banque de développement des États d’Afrique centrale (BDEAC), à mettre en place des mécanismes souples au niveau régional pour mobiliser des financements dans le Fonds vert pour le climat, ainsi qu’à créer un Fonds de développement du secteur électrique, en particulier pour les énergies renouvelables. Les ministres invitent également la communauté internationale à soutenir la mise en œuvre du plan de la Commission des forêts d'Afrique centrale (COMIFAC) pour appuyer les efforts des pays de la CEEAC en matière de conservation et de gestions durable des écosystèmes forestiers.

S’agissant de la question de la technologie, la déclaration en appelle à un « transfert de technologies propres adaptées aux pays en développement en général et aux États membres de la CEEAC en particulier ». Les ministres soutiennent également la mise en place et l’opérationnalisation de centres et de réseaux pour les technologies climatiques aux niveaux national et sous-régional.  

Les ministres appellent à ce que l’adaptation et l’atténuation soient traitées de façon équilibrée dans le futur accord. En ce qui concerne l’adaptation, les États de la CEEAC s’engagent à adapter leurs modèles de développement pour y intégrer la question des changements climatiques. La déclaration souligne également la nécessité de renforcer les capacités institutionnelles de mise en œuvre des plans d’adaptation. Au sujet des pertes et dommages, les ministres s’engagent à renforcer, les mesures de prévention, de préparation et de réponse aux catastrophes, les capacités d’évaluation post-crise liée au climat, et les mécanismes de relèvement et reconstruction ex-post.

Les ministres appuient également sur le rôle important des acteurs non-étatiques, des élus locaux et des parlementaires dans la mobilisation des ressources, dans le processus décisionnel et dans l’appropriation de la lutte contre les changements climatiques. En particulier, la déclaration appelle à impliquer la société civiles, les communautés locales et les populations autochtones dans  les processus décisionnels et la mise en œuvre des politique de lutte contre les changements climatiques.

Enfin, la déclaration réaffirme l’engagement des États de la CEEAC pour la mise en œuvre de REDD+ comme outils de développement durable et pilier de l’économie verte. Elle insiste aussi sur la nécessité de la mise à disposition par la communauté internationale des financements adéquats pour soutenir la mise en œuvre de la phase 2 du mécanisme REDD+.


Rapport ICTSD.

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