Obama dévoile des initiatives sur le commerce et l’énergie pendant son voyage en Afrique

23 Juillet 2013

Le commerce et l'énergie ont été au cœur des préoccupations durant la tournée africaine du Président Barak Obama durant le mois juin, avec l'annonce de diverses initiatives visant à promouvoir l'accès à l'électricité dans la région subsaharienne, à faciliter le commerce intra- et inter-régional et à lutter contre le trafic illicite des espèces sauvages.

Le voyage du Président Obama, au Sénégal, en Afrique du Sud et en Tanzanie, visait à mettre en exergue l'intérêt croissant de Washington pour le développement de liens économiques plus profonds avec la région. L'Afrique abrite actuellement six des dix pays ayant enregistré le plus fort taux de croissance au cours de la dernière décennie, et le commerce des Etats-Unis avec le continent représente plus de 7 milliards de dollars US.

Renouvellement de l'AGOA, commerce en Afrique de l'Est

En Tanzanie, Obama a fait part de son soutien au renouvellement de la Loi sur la croissance et les opportunités en Afrique (The African Growth and Opportunity Act - AGOA), un régime préférentiel lancé en 2000 qui doit arriver à expiration en 2015. Le programme de l'AGOA permet une entrée en franchise de droits sur le sol américain pour la quasi-totalité des marchandises des pays africains éligibles.

De nombreux pays africains bénéficient déjà de l'entrée en franchise de droits pour certains de leurs produits au titre du Système généralisé de préférences (SGP) de Washington. Les pays d'Afrique subsaharienne qui peuvent prétendre au SGP et qui répondent également aux critères d'éligibilité de l'AGOA peuvent toutefois avoir des produits additionnels qui relèvent de cette liste.

Selon le Bureau du Représentant américain au commerce extérieur, plus de 93 pourcent des importations en provenance de pays éligibles à l'AGOA sont entrés sur le territoire américain en franchise de droits de douane, au titre soit de l'AGOA, soit du SGP, soit des taux NPF nuls applicable à la nation la plus favorisée (NPF). Les exportations non- pétrolières au titre de l'AGOA ont plus que triplé, passant de près de 1,2 milliard de dollars US à 4,5 milliards de dollars entre 2001 et 2011.

La poursuite de l'AGOA après 2015 devra être approuvée par le Congrès, et serait probablement associée à un élargissement de la liste de pays participants - actuellement au nombre de 37 - et à l'inclusion des petites entreprises afin de renforcer l'impact dans la région.

Selon Obama, parallèlement au renouvellement de la législation, Washington devra également prendre des décisions sur les moyens de renforcer l'efficacité du régime. « Aujourd'hui, la grande majorité de nos échanges avec l'Afrique ne se font que par trois pays : Afrique du Sud, Nigeria et Angola, » a-t-il noté. « Nous devons élargir cela. Nous devons veiller à ce que davantage d'Africains tirent profit de l'opportunité d'exporter vers les Etats-Unis. »

Le Président américain a également annoncé l'initiative Trade Africa, qui vise, entre autres, à faciliter et renforcer les échanges au sein de la Communauté de l'Afrique de l'Est (CAE), et à accroître les exportations de la CEA à destination des Etats-Unis. Les cinq Etats de ce groupe régional sont le Burundi, le Kenya, le Rwanda, la Tanzanie et l'Ouganda.

Obama était notamment accompagné, lors de son périple en Afrique, du nouveau représentant américain au commerce extérieur, Mike Froman, qui faisait ainsi son premier voyage à l'étranger dans son nouveau rôle. Froman accueillera également le premier forum annuel de l'AGOA le mois prochain, à Addis Abeba, en Ethiopie.

Doubler l'accès à l'électricité

Au cours de son voyage, Obama a également annoncé le programme Power Africa, une initiative d'un montant de 7 milliards de dollars US destinée à doubler l'accès à l'électricité en Afrique subsaharienne. Le plan impliquerait initialement six pays partenaires et viserait à accroître l'accès à l'électricité en faisant bénéficier au moins 20 millions de nouveaux ménages et entités commerciales, selon un bulletin d'information de la Maison Blanche.

Actuellement, plus des deux tiers de la population de l'Afrique subsaharienne n'ont pas accès à l'électricité, et ce chiffre s'élève à 85 pourcent dans les zones rurales. L'initiative de l'administration Obama se concentrerait sur le développement de l'énergie thermale, hydraulique, éolienne et solaire, tout en utilisant les réserves pétrolières et gazières de la région.

Le plan s'appuierait également sur des investissements du secteur privé, ces partenaires ayant déjà contribué à hauteur de 9 milliards de dollars à de nouvelles capacités de production électrique.

La présence de la Chine en arrière-plan

Les analystes ont été prompts à soulever la question de savoir si le voyage d'Obama était un signe que Washington essayait de contrer - ou au moins d'égaler - la propre influence de Beijing dans cette région en rapide croissance. Xi Linping s'est déjà rendu sur le continent en mars durant son premier voyage à l'étranger en tant que nouveau Premier ministre chinois, et l'économie asiatique a récemment dépassé les Etats-Unis comme plus grand partenaire commercial de l'Afrique subsaharienne.

Bien qu'ayant déclaré à maintes reprises, au cours de son voyage, qu'il ne se sentait pas menacé par l'engagement de Beijing en Afrique, Obama a averti la région « qu'elle devait veiller à ce que ce soit bénéfique pour l'Afrique », dans son choix de partenaires pour le commerce et les investissements.

La Chine a fait l'objet d'un examen attentif au cours des dernières années, concernant le fait que ses stratégies d'investissement pouvaient étouffer les propres efforts des pays africains en vue du développement de leurs industries nationales.

Washington vise à aider le continent à « construire l'Afrique pour les Africains, » a déclaré le Président Obama.

Initiative sur le trafic illicite d'espèces sauvages

En plus des initiatives sur le commerce annoncées au cours de sa visite, Obama a également fait état de la constitution d'un Groupe de travail présidentiel sur le trafic d'espèces sauvages, une équipe d'experts provenant de diverses agences gouvernementales, qui serait chargée d'élaborer une stratégie nationale visant l'élimination de la pratique.

Pour soutenir les efforts de la région, le Département d'Etat américain s'est engagé à verser 10 millions de dollars US en vue d'assurer une formation et une assistance technique dans la lutte contre le braconnage; ce montant serait réparti entre l'Afrique du Sud, le Kenya et un bloc de pays subsahariens.

This article is published under
23 Juillet 2013
L'Afrique de l'Ouest révise son offre d'accès au marché Lors d'une réunion régionale tenue du 6 au 10 avril 2013 à Banjul, en Gambie, les experts des Etats et des institutions régionales ouest...
Share: 
23 Juillet 2013
Pascal Lamy a déclaré: "Il nous reste environ 40 jours ouvrables avant la fin juillet, que je considère comme la dernière station-service avant l'autoroute qui mène à Bali" durant la réunion...
Share: