Quelles perspectives pour l’Afrique à l’OMC ?

22 Février 2018

Malgré des attentes plutôt modestes, le résultat de la Onzième conférence ministérielle (CM11) de l’OMC a quand même été une déception pour beaucoup d’observateurs. Incapables de surmonter leurs divergences, les membres de l’organisation ne sont parvenus à aucun résultat négocié significatif et n’ont pas su établir de programme de travail pour guider les futures discussions multilatérales. Le seul point d’accord multilatéral a concerné les subventions à la pêche, les membres s’engageant à poursuivre les discussions en vue d’adopter un accord d’ici 2019. Et si certaines initiatives plurilatérales sur des questions telles que le commerce électronique, le genre, la facilitation des échanges ou les micro-, petites et moyennes entreprises ont rallié un certain niveau de soutien, les discussions doivent encore être structurées et organisées.

Il s’agit d’un moment difficile pour l’Afrique dans le contexte multilatéral. À l’approche de la CM11, le groupe africain avait identifié six priorités concernant (1) le soutien interne à l’agriculture, (2) le coton, (3) la détention de stocks publics à des fins de sécurité alimentaire, (4) un mécanisme de sauvegarde spéciale, (5) les subventions à la pêche et (6) le traitement spécial et différencié. À l’exception de la pêche, où le succès n’est pas garanti, aucun progrès significatif n’est en vue sur ces sujets, et il apparaît peu probable qu’une dynamique en ce sens s’enclenche dans un avenir proche. La plupart des pays africains ont également décidé de ne pas prendre part pour le moment aux grandes initiatives plurilatérales, l’exception la plus notable étant le Nigeria.

Cette situation soulève de nombreuses questions concernant l’avenir des négociations de l’OMC et l’implication future des pays africains dans les pourparlers commerciaux multilatéraux. Sera-t-il possible de redynamiser la fonction de négociation de l’OMC pour produire des résultats significatifs en faveur du développement et des pays les moins avancés ? Quelles sont les approches que les pays africains devraient adopter pour promouvoir au mieux leurs intérêts à Genève ? Telles sont les questions sur lesquelles se penche ce numéro.

Dans le premier article, Christophe Bellmann examine trois stratégies potentielles pour le groupe africains à l’OMC et fait valoir qu’aucune d’elles ne s’impose comme un choix évident. Cette analyse est complétée par un article de Kimberly Elliot, qui revient sur les négociations multilatérales dans l’agriculture en se demandant si les membres ont une option crédible pour allant de l’avant. Le troisième article, écrit par Paul Batibonak, offre un aperçu des pistes potentielles qui pourraient être explorées pour rétablir la confiance entre les pays et initier un dialogue constructif au niveau de l’OMC. Ce numéro contient également une contribution consacrée à la Zone de libre-échange continentale, dans laquelle Judith Fessehaie analyse comment ce méga-accord commercial pourrait soutenir la transformation économique de l’Afrique. Dans le dernier article, Katrin Kuhlmann réfléchit au futur des relations économiques entre les États-Unis et l’Afrique sous la Présidence de Donald Trump, en faisant ressortir les domaines susceptibles de constituer des priorités communes.

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