Réflexions sur la mise en œuvre de l'Accord sur la facilitation des échanges de l'OMC

30 Mai 2017

Plus de trois ans après son adoption à la conférence ministérielle de Bali, l'Accord sur la facilitation des échanges de l'OMC (AFE) est entré en vigueur en février 2017. Le temps est désormais venu pour les États africains membres de l’organisation d’amorcer sa mise en œuvre. Selon les estimations de l'OMC, l'Afrique est la région qui pourrait bénéficier le plus de l’AFE, avec une diminution attendue des coûts du commerce de plus de 16 pourcent en moyenne. Pour un continent caractérisé par son faible niveau de commerce intra-régional et cherchant à mieux s’intégrer dans l'économie mondiale, fluidifier la circulation des marchandises à travers les frontières pourrait constituer une étape importante vers la transformation économique.

Bien que les bénéfices potentiels soient importants, l'ampleur de la tâche à accomplir ne doit pas être sous-estimée. En Afrique, la facilitation des échanges figure déjà en bonne place dans la plupart des programmes politiques nationaux et régionaux. Néanmoins, les progrès dans ce domaine ont été modestes. Selon les indicateurs de la base de données Doing Business de la Banque mondiale, l'Afrique est de loin la région où exporter coûte le plus cher et prend le plus de temps. S’il est vrai que ces indicateurs ont leurs limites, ils permettent toutefois aisément d’imaginer en quoi la lourdeur des procédures douanières constitue l'une des contraintes les plus importantes pesant sur la compétitivité internationale des entreprises africaines.

Dans ce contexte, pourquoi seuls 19 des 44 des membres africains de l'OMC ont-ils ratifié l’AFE ? Quels liens existent-ils entre l’accord et les processus et priorités politiques de l'Afrique en matière de commerce et d’intégration ? De quelle manière l’AFE peut-il soutenir les aspirations de développement des pays africains, et comment ces opportunités peuvent-elles être réalisées ? Ce numéro tente d’apporter un éclairage sur ces questions.

Dans le premier article, Memory Dube et Patrick Kanyimbo présente une analyse sur la façon dont les pays africains pourraient tirer le meilleur parti de la facilitation des échanges pour renforcer leur programme d'intégration régionale. Cette contribution est complétée celle de Stephen Karingi et Robert Tama Lisinge, qui se penchent sur l'interaction entre l’AFE et les efforts des pays africains dans le domaine de la facilitation des échanges. Le troisième texte de ce numéro, écrit par Paul Batibonak, souligne les opportunités et les défis associés à la mise en œuvre de l’AFE et insiste sur l'importance de faire de cet accord un véritable outil de développement pour le continent. Enfin, deux articles supplémentaires abordent la question de la facilitation des échanges d’un angle plus spécifique. Alors qu’Ahmad Mukthar explique en quoi l’AFE pourrait contribuer à promouvoir la sécurité alimentaire en Afrique, Ben Shepherd souligne l'importance de la facilitation des échanges pour accroître la capacité des entreprises africaines à mieux s’intégrer aux chaînes de valeur mondiales.

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