Réunion conjointe de l’OMC et de la Banque mondiale sur le commerce et la réduction de la pauvreté

2 Juin 2016

Le développement du commerce international joue un rôle crucial dans la réduction de la pauvreté, mais le lien entre croissance économique, réduction de la pauvreté et commerce n’est pas des plus simples. C’est le message qui ressort d’un forum organisé le 26 mai 2016 par l’OMC et la Banque mondiale.

Le Programme de développement durable à l'horizon 2030, adopté en septembre dernier à New York, appelle les pays à réaliser 17 Objectifs de développement durable, le premier d’entre eux étant un engagement à mettre fin à la pauvreté.

En introduction du forum, Anabel Gonzalez, directrice senior du « Trade & Competitiveness Global Practice » au sein du groupe Banque mondiale, a expliqué que la Banque mondiale était en train de développer de nouveaux outils pour mieux comprendre l’interaction entre commerce et réduction de la pauvreté. Ce faisant, elle a souligné que les efforts visant à « intégrer davantage de pays en développement au commerce international » et à « renforcer l’impact sur la pauvreté des réformes commerciales » étaient essentiels.

Les participants ont discuté du commerce et de la pauvreté sous plusieurs angles : pauvreté rurale, économie informelle, impact de la fragilité et des conflits et genre.

« L’ouverture au commerce peut s’avérer très utile pour gérer la volatilité dans le domaine de l’agriculture » a indiqué l’agroéconomiste et présentateur de l’IFPRI, Will Martin, soulignant que la pauvreté structurelle à long terme est plus élevée dans les zones rurales.

Paul Brenton, économiste en chef au sein de la Banque mondiale, a expliqué que la pauvreté touche les femmes de manière disproportionnée et que la discrimination liée au sexe empêche les femmes d’exploiter les opportunités liées au commerce. Leur accès limité aux ressources, aux financements, à l’information et aux réseaux, ainsi que la bureaucratie aux frontières, sont des obstacles importants limitant leur participation au commerce, a-t-il indiqué.

M. Brenton a également souligné la corrélation négative existant entre les zones fragiles et en conflit et le commerce, expliquant que les conflits bloquent souvent directement la possibilité de commercer à travers les frontières, une situation qui en retour fait monter le prix des produits et des services de base et exacerbe la pauvreté.

Les participants ont également présenté des approches innovantes en matière de collecte et d’utilisation des données en vue de développer des cadres d’analyse des coûts du commerce subis par les personnes pauvres et vulnérables au niveau des pays, d’identifier les réformes prioritaires et de suivre les progrès.

Les intervenants ont ainsi convenu que pour obtenir de réels résultats en matière de réduction de la pauvreté, les politiques commerciales doivent s’accompagner d’autres politiques de développement, et que de meilleures données sont nécessaires pour concevoir des politiques permettant de maximiser l’impact du commerce sur la réduction de la pauvreté.

Des efforts supplémentaires de renforcement de l’intégration économique et de réduction des coûts du commerce sont indispensables pour réduire la pauvreté, a souligné Marcus Bartley Johns, un spécialiste du commerce de la Banque mondiale.

Il a noté à cet égard que la réduction des droits de douanes et autres barrières non tarifaires peut s’inscrire dans une approche visant à réduire le coût du commerce d’une manière qui bénéficie aux personnes pauvres. À ses yeux, les autres politiques connexes à examiner consistent à rendre l’environnement davantage propice aux affaires, à renforcer l’impact des politiques du commerce sur la réduction de la pauvreté et à gérer les risques rencontrés par les pauvres qui limitent leur capacité à profiter des opportunités offertes par le commerce.

La dernière session était consacrée au rôle de l’aide pour le commerce en vue de maximiser l’impact de l’intégration au commerce mondial sur la réduction de la pauvreté.

Robert Koopman, économiste en chef au sein de l’OMC, a présenté les quatre grandes catégories de soutien de l’aide pour le commerce (APC), à savoir la politique et les réglementations commerciales, l’infrastructure économique, le renforcement des capacités de production et l’ajustement lié au commerce, avant d’expliquer comment chacun de ces domaines pouvait potentiellement contribuer à la réduction de la pauvreté en plus de stimuler la croissance et les exportations.

« Les programmes d’APC doivent s’adapter à chaque marché. Nous ne pouvons plus suivre un plan générique » a déclaré Paul Walters, directeur adjoint pour le commerce et le développement au sein du Département pour le développement international du Royaume-Uni (DfID).

Ce forum s’inscrit dans le cadre des travaux de l’organisation sur le commerce et la pauvreté, quoi s’appuient sur le rapport intitulé Le rôle du commerce dans la lutte contre la pauvreté publié en 2015.
 

Reportage ICTSD.

30 Octobre 2015
Quels sont les grands défis auquel le système commercial multilatéral doit aujourd’hui faire face, et qui sont à la source de l’enlisement des négociations du Programme de développement de Doha ? Le...
Share: 
4 Novembre 2015
À l’Organisation mondiale du commerce (OMC), trois groupes de pays en développement ont mis sur la table des propositions concernant le domaine de l’agriculture, quelques semaines à peine avant la 10...
Share: