Sur le fil

6 Mai 2013

Valoriser les ressources naturelles en Afrique

En mars dernier, la Commission économique pour l'Afrique, en partenariat avec l'Union africaine, a publié son rapport 2013 sur le développement économique de l'Afrique sous le thème: "Tirer le plus grand profit des produits de base africains: l'industrialisation au service de la croissance, de l'emploi et de la transformation économique". Le rapport analyse les opportunités de croissance et  de développement qui s'offrent à l'Afrique au regard des ressources naturelles disponibles qui restent abondantes, mais moins valorisées. En effet, selon le rapport, l'Afrique détient environ 12 % des réserves de pétrole, 42 % de l'or et 80 à 90 % du chrome et de platine du monde. 60%  des terres arables s'y trouvent également, ainsi que de vastes ressources de bois. La valorisation de ces ressources reste faible et se limite aux recettes dérisoires obtenues de leur exportation.

Comparé à d'autres régions, l'Afrique demeure le continent le plus faiblement industrialisé. Cette faible industrialisation affecte son développement économique et son potentiel de croissance, d'où la nécessité pour de nombreux pays africains de revoir leur structure économique.

Le rapport propose certaines  solutions telles que la transformation structurelle par l'industrialisation, la création de valeur et l'insertion dans les chaines de valeur globales. Cette industrialisation devrait contribuer à la diversification des capacités technologiques, l'élargissement des compétences disponibles et l'approfondissement des structures industrielles de chaque pays. Selon ce rapport, il est nécessaire de moderniser l'appareil productif existant et créer de nouveaux pôles de croissance et de développement.

Toutefois, cette possibilité implique, au-delà de la mise en place des politiques industrielles, certaines  mesures d'accompagnements. Le présent rapport admet que des politiques interventionnistes de l'État et des initiatives prises à l'échelle du continent pourraient y contribuer cependant force est de reconnaitre que l'aide financière internationale et les transferts de technologies  sont nécessaires au regard des ressources limitées dont dispose l'Afrique pour financer son industrialisation. Le rapport 2012 de la CNUCED sur le développement de l'Afrique, intitulé « Transformation structurelle et développement durable en Afrique » affirme que même s'il incombe aux gouvernements africains de formuler la mise en œuvre ces stratégies, il est essentiel de mettre en place au niveau international des conditions propices et des mesures d'appui.

Références

Rapport économique sur l'Afrique 2013, Union Africaine, 25 mars 2013

La CEA et l'UA encouragent une industrialisation basée sur les matières premières, Commodafrica, 1 avril 2013

L'OCDE exhorte l'Afrique du sud à accélérer les réformes économiques

En mars 2013, l'OCDE a publié son rapport économique 2013 sur l'Afrique du Sud. Celui-ci souligne qu'en dépit des succès relatifs enregistrés ces au cours de ces dix neuf dernières années dans de nombreux domaines économiques et sociaux, l'Afrique du Sud connait encore de nombreuses  difficultés économiques.  Les succès comprennent notamment la hausse du revenu par habitant,  l'accès aux services publics, la baisse de la criminalité. Les difficultés perdurent dans certains domaines, avec un taux de chômage élevé, les résultats scolaires médiocres et très inégaux,  ce qui conduit à une offre excédentaire de main-d'œuvre non qualifiée et une accentuation des disparités de revenus. En effet, le système éducatif sud-africain ne produit pas les compétences demandées par le marché du travail. L'inadaptation des qualifications est d'ailleurs l'une des causes principales de la persistance d'un chômage élevé, notamment chez les jeunes, la majeure partie n'accédant pas au niveau d'études supérieures. A ces problèmes économiques et sociaux, s'ajoutent des problèmes environnementaux, notamment le changement climatique et la rareté de l'eau.

Pour s'attaquer efficacement à ces problèmes fondamentaux et parvenir à une croissance économique plus rapide, solidaire et inclusive, l'OCDE suggère des réformes structurelles. Parallèlement,  l'amélioration de l'éducation pourra donner aux individus de meilleures perspectives en termes d'accès au marché du travail et redresserait les inégalités sociales persistantes. Adjoint à cela, une augmentation du nombre d'apprentissages saurait promouvoir l'emploi des jeunes à travers un partenariat public/privé.

Le rapport suggère, entre autres, la promotion de l'économie verte comme solution pour lutter efficacement contre les effets du changement climatique. Dans ce domaine, il faut reconnaitre les progrès considérables accomplis par l'Afrique du sud, qui a déjà défini un cadre d'action publique destiné à traiter ces problématiques, notamment le changement climatique et la rareté de l'eau, même si son application reste lente à cause de capacités administratives limitées.

Références:

Études économiques de l'OCDE Afrique du sud, OCDE, Mars 2013

Afrique du Sud : des avancées mais il faut accélérer les réformes économiques pour réaliser son plein potentiel, OCDE, mars 2013

Les Membres accélèrent les travaux en vue d'un accord à Bali

Les Membres de l'OMC, réunis en Conseil général le 25 février 2013, se sont penchés sur les éléments du programme de Doha pour un développement moins controversé et qui pourraient faire l'objet d'un consensus en vue de leur adoption par les ministres à l'occasion de la neuvième  conférence ministérielle prévue à Bali en décembre prochain. Cela fait suite à la décision prise lors de la huitième conférence ministérielle tenue à Genève en décembre 2011 par les ministres qui avaient demandé aux différents groupes de négociations de reprendre les travaux pour essayer d'avancer sur les parties susceptibles de faire  l'objet d'un accord rapide, au regard de l'impasse qui prévaut sur le cycle de Doha.

Ce changement d'approche dans le processus de négociation semble porter ses fruits avec les progrès notés dans les négociations sur la facilitation des échanges dont les parties seraient en phase de parvenir à un accord préliminaire, tout comme le dossier agricole qui avance avec les deux propositions du G20 et du G33 en cours d'examen. Des progrès sont également notés concernant le dossier des Pays Moins Avancés (PMA).
Au sujet de l'accord sur la facilitation des échanges certains observateurs ont estimé que la signature d'un tel accord pourrait épargner la Conférence ministérielle de Bali de tout échec. D'où la détermination affichée par les membres qui restent optimistes quant à la possibilité d'y parvenir. La Commission européenne s'est engagée à favoriser un tel accord dont bénéficieraient plus particulièrement les pays en développement. « Cet accord offre des bonnes opportunités », a déclaré le Commissaire européen au Commerce, Karel De Gucht dans un communiqué de presse en date du 8 mars.


Pour l'année 2013, un planning de travail a été établi pour groupe en charge de ce dossier. Il entend tenir une série de réunions, après celle tenue le 15 février 2013 à Genève, pour examiner les deux propositions faites par le G20 et le G33. Ceci montre de la volonté des membres à parvenir à un accord sur ce domaine, en vue de son adoption par les ministres en décembre à Bali.

Lors de la huitième conférence ministérielle de décembre 2011, une série de mesures avaient été prises au profit des PMA. Une décision avait résulté en une prorogation du délai supplémentaire pour la mise en œuvre des ADPIC, un traitement préférentiel pour le commerce des services. Cette décision visait à assouplir les conditions d'accession à l'OMC pour les PMA, qui peuvent prétendre espérer d'autres mesures similaires à Bali.

Références :

Bridges Weekly -  Lamy: WTO Members Must "Run Faster" to Reach Bali Finish Line

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